Conférence sociale: Ce qu'espèrent les partenaires sociaux

SOCIAL La rencontre devrait déboucher sur des points d’accord, mais aussi de fortes divergences sur la question des licenciements...

Mathieu Bruckmüller
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François Chérèque, leader de la CFDT, et Bernard Thibault, leader de la CGT 
François Chérèque, leader de la CFDT, et Bernard Thibault, leader de la CGT  — FACELLY/SIPA

Remettre les corps intermédiaires au cœur de l’action. C’est bien l’objectif affiché par l’exécutif à l’occasion de la grande conférence sociale qui débute lundi. Deux jours de débats avec les partenaires sociaux représentatifs (Medef, CGPME et UPA pour le côté patronal, et CFTC, CFE-CGC, FO, CFDT et CGT pour la partie syndicale) pour engager les chantiers prioritaires des prochains mois. Pas de résultats concrets à attendre, mais davantage l’instauration d’un dialogue et d’un calendrier sur les grands chantiers à venir pour l’ensemble du quinquennat.

L’emploi au cœur de la rencontre

En effet, le gouvernement a décidé de balayer très large. Pas moins de sept tables rondes (emploi, formation, fonction publique, rémunération, égalité professionnelle, redressement productif, retraites et protection sociale) seront organisées. Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, lâche déjà qu'il y a «peut-être trop de thèmes sur la table», estimant que l'emploi, les rémunérations et les services publics sont prioritaires. Et, c’est bien l’emploi qui devrait servir de fil rouge à cette conférence sociale alors que le chômage est en passe d’atteindre la barre des 10%. De son côté, François Chérèque, le leader de la CFDT, rappelle que l’emploi est la priorité du moment. Il a ainsi demandé des mesures urgentes comme un plan national d’urgence de formation des demandeurs d’emploi et un renforcement du chômage partiel. Sur la formation, le sujet fait, semble-t-il, consensus chez les partenaires sociaux. 

Cahier de doléances

Jeudi, la CGT a présenté son cahier de doléances. Outre la remise à plat des exonérations de cotisations sociales, dont le coût s’élève à 172 milliards d’euros par an, elle fixe come objectif la création d’un million d'emplois à l'horizon 2017. Pour l’atteindre, les propositions de François Hollande sur les 150.000 emplois d’avenir, dédiées aux jeunes des banlieues, et la mise en place de 500.000 contrats de génération, l’embauche d’un jeune en CDI sous le tutorat des seniors, seront certainement débattues. Syndicats et patronat y sont, à première vue, favorable.

Les licenciements en question

Mais certains dossiers feront polémique, notamment celui des licenciements. La CGT, par la voie de Bernard Thibaut, son patron, réclame la mise en place de droits suspensifs aux salariés sur les choix stratégiques des entreprises ainsi qu’une nouvelle définition du licenciement économique et une remise à plat du mécanisme de rupture conventionnelle. Une position que le patronat risque de voir d’un très mauvais œil. En effet, le Medef entend bien mettre la compétitivité au cœur de ce sommet. Laurence Parisot propose ainsi, notamment, d’assouplir le recours au licenciement économique. Attention à ce que cette conférence sociale ne tourne pas aux dialogues de sourds.