Les marchés signent leur plus belle séance de l'année suite au sommet européen

MARCHES Les places boursières européennes ont clôturé en forte hausse...

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Les marchés financiers de la zone euro ont signé leur plus belle séance de l'année vendredi, enthousiastes après l'accord arraché dans la nuit de jeudi à vendredi au sommet de Bruxelles, qui devrait permettre de relâcher la pression sur l'Espagne et l'Italie.
Les marchés financiers de la zone euro ont signé leur plus belle séance de l'année vendredi, enthousiastes après l'accord arraché dans la nuit de jeudi à vendredi au sommet de Bruxelles, qui devrait permettre de relâcher la pression sur l'Espagne et l'Italie. — Daniel Roland afp.com

Les marchés financiers de la zone euro ont signé leur plus belle séance de l'année vendredi, enthousiastes après l'accord arraché dans la nuit de jeudi à vendredi au sommet de Bruxelles, qui devrait permettre de relâcher la pression sur l'Espagne et l'Italie.

Les places boursières européennes ont clôturé en forte hausse. Paris a pris 4,75%, Francfort 4,33%, Madrid 5,66% et Milan 6,59%. Plus modestement, Londres a gagné 1,42%. A Wall Street, le Dow Jones gagnait 1,76% et le Nasdaq 2,41% à 17H49 (15H49 GMT).

Sur le marché de la dette, l'apaisement était aussi de mise. Les taux d'emprunt de l'Espagne repassaient sous les 6,3%, contre près de 7% jeudi, et les rendements italiens sous les 6%.

Enfin, l'euro s'appréciait face au dollar à 1,2670 dollar contre 1,2442 dollar jeudi vers 18H00 (16H00 GMT).

"Les dirigeants européens se sont enfin accordés sur des mécanismes qui peuvent soutenir les pays fragiles de la zone euro sur la durée, tout en maintenant la pression sur les finances publiques des Etats", se félicite René Defossez, économiste de Natixis.

Mais, pour Christian Parisot d'Aurel BGC, "la bonne réaction des marchés vient surtout du fait que les investisseurs ne s'attendaient quasiment à rien au vu des divergences qui semblaient s'être creusées entre Paris et Berlin. Or il y a eu de réelles bonnes surprises".

La zone euro va mettre en place d'ici la fin de l'année un mécanisme permettant de recapitaliser directement les banques, sous certaines conditions, via le Fonds de secours de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Pour Gilles Moëc, co-responsable de la recherche économique européenne de Deutsche Bank, ce point est "primordial".

"On sépare enfin le risque souverain du risque bancaire. Une banque qui a besoin d'être recapitalisée n'affectera plus les comptes publics d'un Etat", explique-t-il.

L'union monétaire est également prête à faire un usage plus "souple" des fonds de secours européens afin qu'ils puissent acheter de la dette des Etats.

En théorie, ces mécanismes financiers peuvent déjà le faire directement lors d'une émission obligataire d'un pays ou sur le marché secondaire, là où s'échangent les titres déjà émis. Mais cette disposition n'a jamais été utilisée.

"Cela serait très étonnant que l'Europe accepte qu'ils interviennent directement sur le marché de la dette car cela reviendrait à mutualiser les dettes de la zone euro, ce que Berlin a toujours refusé catégoriquement", souligne M. Parisot.

Autre avancée pour les opérateurs: le statut de créancier préférentiel devrait être retiré au MES quand il apportera son soutien au secteur bancaire espagnol.

Aux yeux des analystes, de nombreuses interrogations demeurent toutefois sur la mise en oeuvre effective des décisions de Bruxelles.

"Aucune précision n'est apportée sur le rôle exact de la Banque centrale européenne" (BCE), souligne M. Moëc.

"La BCE va assumer des tâches de supervision", a simplement indiqué son président, Mario Draghi, sans plus de précisions.

"Encore plus inquiétant, nous n'avons aucune précision sur la feuille de route vers une union budgétaire, renvoyée à plus tard", déplore M. Moëc.

Pour les stratégistes du Crédit Mutuel-CIC, "un autre point pourrait faire retomber rapidement l'optimisme": le rôle que pourrait jouer la Cour constitutionnelle allemande.

Les députés allemands devaient se prononcer vendredi soir sur le pacte budgétaire et le MES.

Mais ce vote intervient sur fond de blocage juridique outre-Rhin où la Cour constitutionnelle a suspendu la ratification de ce texte, souhaitant l'examiner plus en détails. Cet ajournement risque de retarder la mise en place du MES, initialement prévue début juillet.

vue début juillet