Le plan de Valéry Giscard d'Estaing pour en finir avec la crise de l'euro

EUROPE Pour l'ancien président, seulement quelques outils sont nécessaires...

Mathieu Bruckmüller

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Valéry Giscard d'Estaing le 19 septembre 2011 à Paris.
Valéry Giscard d'Estaing le 19 septembre 2011 à Paris. — Miguel Medina/NBC/AP/SIPA

Alors que se tient jusqu’à demain le vingtième sommet européen pour tenter d’enrayer la crise dans laquelle est empêtrée la zone euro depuis décembre 2009, Valéry Giscard d’Estaing livre son manuel pour enfin y arriver.

«Gestion budgétaire irresponsable»

Dans une tribune signée dans Le Monde daté de samedi, l’ancien président de la République rappelle en préambule le vice de fabrication de l’euro: «Il est extravagant de constater que la deuxième monnaie de la planète ne dispose d’aucune instance permanente pour coordonner l’activité économique et les prises de positions qui l’utilisent!» Difficile dans ce contexte de lutter face à la spéculation «du système bancaire libéré de toute réglementation, et aggravée par la gestion budgétaire irresponsable de plusieurs Etats de la zone euro, qui se croyaient protégés par la nouvelle monnaie». Pour mettre fin à ce scénario, il appartient aux 17 pays de la zone euro de coordonner leurs politiques budgétaires, «et de mettre en place le volet économique symétrique du volet monétaire». Dans ce contexte, VGE propose une fusée à trois étages.

D’abord, une réunion mensuelle, à jour fixe, des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, rebaptisé conseil de l’euro, qui devra fixer la règle de sa présidence. Avantage: Cet outil ne nécessite aucun traité et peut donc être effectif très rapidement.

Un secrétaire général de la zone euro

Ensuite, l’ancien locataire de l’Elysée, plaide pour la désignation d’un secrétaire général de la zone euro. «Il s’agirait d’un haut fonctionnaire entouré d’une équipe réduite qui prend note des décisions, suivrait leur application, et en rendrait compte aux chefs de gouvernement. Ces derniers ont aujourd’hui toute latitude pour prendre cette décision».

Enfin, la surveillance des engagements pris en matière de finances publiques seraient exercé dans le cadre de ce conseil de l’euro «où siégeraient à la fois les créanciers et les éventuels débiteurs, autrement dit les payeurs et les demandeurs, ce qui assurerait une contrainte plus efficace que le recours à un système administratif». Cette surveillance pourrait s’organiser par l’accord entre les Etats de la zone euro, reprenant des propositions du parlement européen. In fine, ce dernier devrait être ratifié par les parlements nationaux.

Signal de la fin de crise

«La zone euro est encore orpheline, ce qui explique son désarroi. Que ses dirigeants appliquent leur volonté politique en la dotant rapidement de la structure institutionnelle qui lui fait cruellement défaut ! On assisterait, alors, au retour d’une plus grande modération des marchés. Ce serait le signal de la fin de la crise de l’euro», avance l’ancien président de la Convention européenne.