Des problèmes sur la voie d'Idrac à la SNCF

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Le ministre des Transports, Dominique Perben, réunit mardi l'ensemble des acteurs du transport public pour la signature d'une "charte sur le service minimum garanti" en période de grève, a-t-on appris lundi auprès du ministère.
Le ministre des Transports, Dominique Perben, réunit mardi l'ensemble des acteurs du transport public pour la signature d'une "charte sur le service minimum garanti" en période de grève, a-t-on appris lundi auprès du ministère. — Joël Saget AFP/Archives

La présidence d'Anne-Marie Idrac à la SNCF ne sera pas une partie de plaisir. Première femme à prendre les rênes de l'entreprise publique, cette Bretonne de 54 ans connaît pourtant bien le monde des transports. Elle a en effet dirigé la RATP pendant quatre ans. Elle a aussi été directrice des Transports terrestres sous le gouvernement Balladur (1993-1995), et surtout, secrétaire d'Etat aux Transports sous Juppé (1995-1997). C'est là que le bât blesse : Anne-Marie Idrac était aux manettes pendant les grandes grèves de 1995.

Du curriculum vitae de cette ancienne élue UMP, les cheminots retiennent surtout son rôle en 1995. Déçus de voir partir Louis Gallois, jugé ouvert au dialogue, ils attendent sur le pied de guerre celle « qui a soutenu la réforme Juppé, condamnant le régime spécial des retraites », selon la CGT. Sûr qu'Idrac va « accélérer la privatisation », SUD-Rail appelle à « résister au nouveau vent de libéralisme ».

De fait, les réformes sont loin d'être terminées. La SNCF a renoué avec les bénéfices mais doit désormais faire face à la concurrence européenne, en vigueur pour le fret et prévue en 2010 pour les voyageurs. Des changements mal vécus par les employés, qui ont subi 14 400 suppressions d'emplois en quatre ans. Lundi, les syndicats majoritaires ont refusé l'intéressement, cher à Gallois, un rejet qui sonne comme un avertissement pour la nouvelle patronne.

A. B. (Avec AFP)