Emploi: Les cadres ont la bougeotte

TRAVAIL Ils n'ont jamais autant changé d'entreprise depuis trois ans...

M.B.

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VALINCO/SIPA

Signe de la vitalité du marché de l’emploi pour les cadres, 8% d’entre eux ont intégré une nouvelle entreprise l’an dernier, contre 7% en 2010. Il s’agit du meilleur chiffre depuis trois ans, selon la dernière enquête publiée par l’Apec. Cette légère hausse de la mobilité externe est liée avant tout à une progression des changements volontaires de la part des cadres. Ainsi, 65% d’entre eux ont indiqué qu’il s’agissait d’un changement «direct», c'est-à-dire sans période de chômage, contre 60% en 2010.

Mais pour les autres, les conditions du retour à l’emploi ont été, de manière générale, moins favorables. Seuls un quart d’entre eux ont déclaré que le changement de poste pouvait être assimilé à une promotion hiérarchique, contre 47% de ceux qui ont connu un changement direct. Et ils sont près d’un tiers à considérer que leur périmètre de responsabilité s’est réduit.

 Dans tous les cas, pour près de la moitié d’entre eux, le meilleur moyen pour trouver un nouveau job reste la réponse à une offre d’emploi suivie par le réseau de contacts, évoqué par un tiers des cadres qui sont passés par le chômage et deux cadres sur dix ayant changé directement d’entreprise.

Un contexte économique plus incertain

Quant à la mobilité interne, elle est restée stable en 2011 avec 8% des cadres ayant déclaré avoir changé de poste dans leur entreprise pendant l’année. Aux cadres qui ont changé de poste s’ajoutent ceux qui ont changé de service, d’établissement ou de lieu de travail, et ceux qui indiquent que le contenu de leur poste a changé «en grande partie». Dès lors, ce sont 18% des cadres qui ont connu une forme de mobilité interne en 2011. Parmi les cadres qui ont changé de poste, 63% ont déclaré que ce changement était volontaire, soit 2 points de plus qu’en 2010. Au global, 73% des cols blancs ayant changé de travail dans leur entreprise en 2011, affirmaient être satisfaits de cette mobilité. Cependant, ce sentiment varie selon les circonstances du changement. Il est nettement plus prononcé pour les cadres ayant souhaité ce changement (86%) que pour ceux dont la mobilité a été imposée (55%).

Cette année, les cadres risquent d’être moins nombreux à changer de boîtes en raison du contexte économique plus incertain. «Le ralentissement constaté depuis quelques mois pourrait jouer sur le comportement des cadres, qui seraient au final moins nombreux à changer d’entreprise dans un avenir proche, avance Bertrand Hébert, directeur général de l’Apec. La mobilité interne, moins dépendante de la conjoncture, devrait rester stable.