Eurobills, ou obligations à court terme, la solution à la crise de la dette?

CRISE DE LA DETTE Après les eurobonds, les eurobills. Quelle est la différence?...

Bertrand de Volontat (avec Reuters)

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Le projet de créer des eurobonds divisent encore les pays de la zone euro.
Le projet de créer des eurobonds divisent encore les pays de la zone euro. — Yves Logghe/AP/SIPA

Les eurobonds n’auront donc pas convaincu, Merkel étant même devenue intraitable sur la question ce mercredi, affirmant qu’ils n’existeraient pas «aussi longtemps que je vivrai.» Voici dorénavant les eurobills au programme du sommet de jeudi – qui cela dit au passage sont également jugés «contre-productifs» par la chancelière.

Une première étape

Les eurobills sont une autre piste de mutualisation partielle des dettes souveraine mais à très court terme – les dettes de court terme sont les bills -, ce qui réduit le risque d'aléa moral, c’est-à-dire, le risque que les pays concernés soient incités à laisser filer leur dette publique.

Représentant un autre moyen de réduire le risque d'aléa moral, les eurobills permettraient de limiter le montant total de ces obligations à court terme, par exemple à 10% du PIB de la zone euro, estiment des économistes. Ce sont en théorie des actifs plus sûrs sur un marché plus liquide. Les eurobills seraient en somme une première étape vers les euro-obligations, sachant que leur mise en place ne suppose pas de modification des traités.

La Grèce hors du programme

Ce système de prêts-relais à court terme, qui a les faveurs de la Commission et de la Banque centrale européennes, aurait ainsi l'avantage de réduire les risques de crise de liquidité et de propagation de la crise de la dette au secteur bancaire.

L’avantage de ces eurobills serait que leur émission ne serait autorisée qu’aux pays en mesure de remplir les objectifs budgétaires et de stabilité financière européens.

Sur la forme, ok, sur le fond, c’est toujours non

Seul problème, l’Allemagne qui emprunte à 0%, aura une nouvelle des réticences à accueillir cette mutualisation qui fixerait le taux d’emprunt entre 0,5 et 0,8%. Ce qui serait favorable à l’Espagne et l’Italie en revanche. 

Dans le détail, une agence de la dette européenne placerait les eurobills, tandis que les pays cesseraient d’émettre des bons nationaux. Avec un programme trimestriel, les pays seraient tenus de surveiller la stabilité de leur finance, par solidarité avec les autres pays.

Si par leur courte durée, les eurobills paraissent moins dangereux pour le pays dits stables, le problème reste d’ordre idéologique du côté de l’Allemagne notamment qui risque de rester à nouveau fermement contre ce nouveau projet.