Pôle Emploi: Les syndicats rejettent le plan stratégique de la direction

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Face au nombre insuffisant de places de formation dans les métiers porteurs, "c'est un peu la compétition entre agences", témoigne une chef d'équipe à Pôle emploi, tandis que d'autres freins, comme le niveau scolaire, expliquent que si peu de chômeurs se forment.
Face au nombre insuffisant de places de formation dans les métiers porteurs, "c'est un peu la compétition entre agences", témoigne une chef d'équipe à Pôle emploi, tandis que d'autres freins, comme le niveau scolaire, expliquent que si peu de chômeurs se forment. — Philippe Huguen afp.com

Les syndicats de Pôle emploi, invités à se prononcer sur une partie du nouveau plan stratégique de la direction, ont majoritairement voté contre, mardi lors d'un comité central d'entreprise (CCE), a-t-on appris mercredi auprès des syndicats.

Consultés sur la partie organisationnelle du plan, qui préconise notamment de "différencier" le suivi des chômeurs en fonction de leur capacité à trouver un emploi, quatre syndicats ont voté contre (SNU, FO, CGT et SUD, douze voix au total) et cinq se sont abstenus (CFDT, CFTC, Unsa, CFE-CGC et Snap, huit voix au total).

"C'est un camouflet pour le directeur général", Jean Bassères, estime Emmanuel M'hebhbi, du SNU, principal syndicat de Pôle emploi, qui décrit une réunion "chahutée". Le SNU s'oppose à la "segmentation des publics" et dénonce un plan qui "recherche uniquement des gains de productivité au détriment des usagers".

Un rendez-vous avec Michel Sapin est demandé

Le SNU a sollicité un rendez-vous avec le ministre du Travail, Michel Sapin, et espère être reçu avant la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet.

La CFDT, qui s'est abstenue, dit de son côté "partager les orientations du plan stratégique". "Les principes ne nous déplaisent pas, mais notre souci, ce sont les moyens", relève Philippe Berhault. Le syndicat réclame 5.000 embauches dont 2.000 immédiatement.

Sollicitée par l'AFP, la direction de Pôle emploi n'a pour l'heure pas réagi.

Ce plan stratégique, concocté par le directeur général Jean Bassères, nommé en décembre 2011, est la déclinaison concrète de la nouvelle convention 2012-2014 négociée avec l'Etat et l'Unedic fin 2011. La priorité affichée par cette feuille de route était de "personnaliser l'offre de services".