NYSE Euronext inaugure son marché de Londres en accueillant Eurotunnel

MARCHES Le gestionnaire des Bourses de Paris, New York, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne vient ainsi concurrencer frontalement la Bourse de Londres...

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L'opérateur boursier transatlantique NYSE Euronext va inaugurer avec l'exploitant du tunnel sous la Manche Eurotunnel, son marché de Londres, en venant concurrencer sur son terrain la Bourse britannique historique, le London Stock Exchange (LSE).
L'opérateur boursier transatlantique NYSE Euronext va inaugurer avec l'exploitant du tunnel sous la Manche Eurotunnel, son marché de Londres, en venant concurrencer sur son terrain la Bourse britannique historique, le London Stock Exchange (LSE). — Denis Charlet afp.com

L'opérateur boursier transatlantique NYSE Euronext va inaugurer avec l'exploitant du tunnel sous la Manche Eurotunnel, son marché de Londres, en venant concurrencer sur son terrain la Bourse britannique historique, le London Stock Exchange (LSE).

Eurotunnel sera "la première société à être admise à la négociation sur NYSE Euronext Londres le 19 juillet 2012, suite au transfert de ses titres du London Stock Echange", indique mercredi l'opérateur boursier dans un communiqué.

Eurotunnel reste en parallèle coté normalement à la Bourse de Paris, précise NYSE Euronext. L'inscription des actions Eurotunnel sera annulée le 20 juillet 2012 sur la Bourse de Londres, ce qui signifie que ses actions seront cotées sur les deux plateformes concurrentes le temps d'une journée.

La création du marché londonien de NYSE Euronext avait été annoncée en juillet 2010.

Le gestionnaire des Bourses de Paris, New York, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne vient ainsi concurrencer frontalement la Bourse de Londres, un des mastodontes financiers en Europe et dans le monde.

Après avoir dévoilé son projet londonien, il aura fallu deux ans tout juste à NYSE Euronext pour attirer une première société.

Un délai que relativise le groupe.

"Il faut toujours un certain temps pour lancer un marché. L'aspect éducation et pédagogie auprès des investisseurs est très important", rappelle Marc Lefèvre, directeur du développement commercial et des relations avec les entreprises cotées en Europe chez NYSE Euronext.

Faire connaître ce nouveau marché et séduire des entreprises prend en effet beaucoup de temps, surtout dans un environnement aussi concurrentiel.

En outre, "le marché de Londres a été lancé au coeur de la crise. Or attirer des sociétés au coeur de la crise est moins aisé qu'en période de forte croissance", reconnaît M. Lefèvre.

Nouvelle pierre à l'édifice londonien d'Euronext --

Pour les entreprises qui seraient tentées par une cotation à Londres, en plus de leur ancrage national, l'intérêt est avant tout de renforcer leur visibilité auprès des investisseurs internationaux et de favoriser l'échange de leurs actions.

Eurotunnel est par exemple membre de l'anti-chambre du CAC 40, le CAC Next 20. Or, une éventuelle entrée dans l'indice vedette parisien est principalement conditionnée par la taille du capital flottant (capital négociable en Bourse) et le nombre d'échanges enregistrés sur les titres.

"L'attente des sociétés est forte pour le marché londonien. Nous sommes en discussions avec des entreprises internationales et déjà cotées sur nos quatre marchés d'Europe continentale", ajoute M. Lefèvre.

"C'est un très beau départ pour ce marché. L'ambition est réelle et nous espérons qu'il va connaître une belle évolution", dit-il, sans communiquer de chiffre sur les possibles prochaines arrivées sur le marché.

Pour NYSE Euronext, il s'agit donc d'une nouvelle pierre posée à l'édifice de son marché londonien, au moment où le groupe tente de se donner un nouvel élan depuis l'échec de sa fusion avec l'allemand Deutsche Börse, rejetée début février par la Commission européenne.

NYSE Euronext est déjà présent à Londres avec NYSE Liffe, son marché dédié aux produits dérivés, qui concurrence Eurex, filiale de Deutsche Börse.

La capitale anglaise va également accueillir toutes les activités de compensation pour les produits dérivés de NYSE Euronext, une mesure annoncée fin mars dans la foulée de la fusion ratée et qui permettra de faire des économies de coûts.

Le groupe continue donc de se renforcer sur ses activités traditionnelles, sans passer pour l'heure par de grandes acquisitions.

Il n'est d'ailleurs pas parvenu à mettre la main sur la Bourse des métaux londonienne, le London Metal Exchange (LME), qui vient finalement d'être rachetée par la Bourse de Hong Kong.