La facture salée de la crise pour la France: 140 milliards d'euros par an

ECONOMIE Soit près de 7 points de PIB...

M.B. avec AFP

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La crise économique et financière a entraîné un manque à gagner de près de 140 milliards d'euros par an pour la France, soit près de 7 points de produit intérieur brut (PIB), a révélé mercredi l'Insee, pour qui la récession en 2009 a été plus profonde encore qu'estimé jusqu'ici.
La crise économique et financière a entraîné un manque à gagner de près de 140 milliards d'euros par an pour la France, soit près de 7 points de produit intérieur brut (PIB), a révélé mercredi l'Insee, pour qui la récession en 2009 a été plus profonde encore qu'estimé jusqu'ici. — Philippe Huguen afp.com

L’addition est salée. La crise économique et financière a entraîné un manque à gagner de près de 140 milliards d'euros par an pour la France, soit près de 7 points de produit intérieur brut (PIB), a révélé mercredi l'Insee. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, l'économie française reste durablement affectée par la crise.

Terrain perdu

Elle «n'a pas commencé à rattraper le terrain perdu pendant la grande récession», souligne-t-il dans un «éclairage sur l'évolution de l'économie française depuis la récession de 2009». D'une manière générale, relève l'Insee, les pertes d'activité enregistrées dans d'autres pays lors de crises financières comparables n'ont «pas (été) rattrapées, même s'il y a des exceptions».

«Deux ans après la sortie de récession, l'économie française retrouve tout juste le niveau d'activité de 2008, la production manufacturière demeurant même inférieure de plus de 5% à son niveau d'avant-crise», souligne-t-il encore.

L'Insee a révisé en outre à la hausse son estimation de «l'ampleur de la récession» constatée en 2009, avec un recul du PIB porté à 3,1% contre 2,7% selon son estimation précédente, «recul historique» sans équivalent depuis la Seconde Guerre mondiale. A l'inverse, l'estimation semi-définitive de la croissance du PIB en 2010 a été relevée à 1,7% contre 1,5% annoncés précédemment, celle de 2011 étant maintenue à 1,7% également.

Le pouvoir d'achat durablement touché

Les sept points de PIB perdus chaque année depuis 2009 représentent «140 milliards d'euros d'activité en moins» soit «mécaniquement» 70 milliards d'euros de recettes fiscales «à l'horizon de deux ou trois ans» qui ont concouru à l'accroissement des déficits publics, a déclaré Eric Dubois, directeur des études et des synthèses économiques.

L'Insee souligne avoir anticipé ce scénario médian dès 2010, envisageant un «retour progressif à un rythme de croissance» normal mais à un niveau inférieur à celui escompté avant la crise. Les deux autres scénarios envisagés à l'époque étaient celui d'un «rattrapage intégral» de la perte de croissance et celui d'un «décrochement durable».

La crise a eu également un impact durable sur le pouvoir d'achat individuel des Français. L'Insee qui l'avait encore annoncé récemment en progression de 0,4% en 2011, a revu sa copie mercredi pour annoncer finalement un recul de 0,1%. En corollaire, l'évolution de la consommation des ménages, principal moteur de la croissance économique en France, a été très peu dynamique en 2011 (+0,3% après 1,4% en 2010) tandis que le taux d'épargne s'est un peu redressé (+0,2 point à 16,1%), note encore l'institut.