Grèce: Les milieux d'affaires plaident pour une relance urgente

ECONOMIE Les milieux d'affaires en Grèce espéraient lundi la formation rapide d'un gouvernement d'union nationale...

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Les milieux d'affaires en Grèce espéraient lundi la formation rapide d'un gouvernement d'union nationale pour relancer d'urgence la machine économique totalement grippée par l'incertitude politique.
Les milieux d'affaires en Grèce espéraient lundi la formation rapide d'un gouvernement d'union nationale pour relancer d'urgence la machine économique totalement grippée par l'incertitude politique. — Louisa Gouliamaki afp.com

Les milieux d'affaires en Grèce espéraient lundi la formation rapide d'un gouvernement d'union nationale pour relancer d'urgence la machine économique totalement grippée par l'incertitude politique.

Signe du soulagement parmi les investisseurs, la Bourse d'Athènes évoluait lundi en forte hausse, plus optimiste que les places européennes qui se montraient prudentes après la victoire dimanche du parti conservateur Nouvelle Démocratie, perçue comme le gage du maintien du pays dans la zone euro.

Vers 12H15 GMT, l'indice Athex gagnait 5,93 % à 593 points, tutoyant la barre des 600 points.

La Bourse s'était déjà envolée en fin de semaine, portée par des rumeurs donnant au parti dirigé par Antonis Samaras une légère avance sur la formation de la gauche radicale Syriza, véritable épouvantail pour les marchés.

Pour autant, l'heure n'est pas à l'euphorie dans les milieux d'affaires.

"Il s'agit d'un vote de peur de sortie de l'euro, pas d'un soutien réel aux réformes", tempère le politologue John Loulis.

"Le gouvernement sera fragile, sans grande base populaire" et la "lune de miel" avec les partenaires internationaux risque d'être de courte durée, selon lui.

M. Samaras a d'ailleurs réaffirmé lundi son intention de renégocier certains paramètres du mémorandum alors que les créanciers du pays, l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, ont fait de la poursuite de son application la condition de leur soutien financier futur.

Attentes fortes

Pour un analyste bancaire qui a requis l'anonymat, "les attentes sont fortes pour qu'un gouvernement soit formé rapidement et qu'il se montre un partenaire crédible" pour mener à bien les négociations avec la troïka.

Car "l'ère des solutions faciles est terminée", met en garde dans son éditorial le quotidien des affaires Naftemporiki.

Antonis Samaras, un diplômé d'Harvard, devra faire la preuve de sa capacité à renégocier le mémorandum "malgré les dispositions adverses" des partenaires de la Grèce, ajoute-t-il.

Le quotidien Kathimerini, proche des milieux d'affaires, en appelait pour sa part à la responsabilité de la classe politique, soulignant que les habituelles "manoeuvres opportunistes" n'étaient plus de mise.

Le journal demandait aussi aux partenaires de la Grèce d'"apporter leur plein et entier soutien au nouveau gouvernement". Et de les mettre en garde: "s'entêter avec des recettes dogmatiques ne peut que faire monter les extrêmes et affaiblir la majorité pro-européenne" issue des urnes.

Emploi, chômage en priorité

Mais pour Angelos Tsakanikas, du think tank patronal Iove, la priorité du nouveau gouvernement doit être l'emploi, alors que le chômage touche plus d'un actif sur cinq. "Les réformes structurelles sont importantes, mais leur mise en oeuvre prend du temps et elles ne produiront pas de résultats avant plusieurs années", estime-t-il.

Le problème, c'est que "le système bancaire ne marche pas. Même celui qui arrive avec une invention géniale ne trouvera pas de prêt", relève l'analyste, ajoutant que, faute de financement, tous les grands projets sont au point mort en Grèce. C'est le cas du projet de transformer le terrain occupé par l'ancien aéroport d'Athènes, en bord de mer, en un parc de loisirs et un complexe hôtelier, doté d'une marina.

Les quatre principales banques grecques, rendues insolvables par l'effacement d'une partie de la dette du pays, ont déjà reçu 18 milliards de fonds européens sur les 50 milliards prévus à l'attention du secteur. Le solde devrait lui être versé d'ici septembre, ce qui devrait lui permettre d'irriguer de nouveau une économie exsangue.