Le nouveau PDG se donne trois ans pour redresser Carrefour

Avec Reuters

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Le redressement de Carrefour devrait prendre trois ans, le groupe de distribution devant se désendetter, se décentraliser, réduire ses frais généraux et ses coûts de siège pour pouvoir repartir de l'avant, a déclaré lundi son nouveau PDG. Devant l'assemblée des actionnaires, Georges Plassat a fait un état des lieux du groupe, incriminant une centralisation et des coûts administratifs excessifs ainsi qu'une valse de dirigeants sans précédent.

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«Il faut trois ans pour relancer la machine. Si nous y arrivons, la société aura fait un très bon travail», a estimé Georges Plassat. Le successeur de Lars Olofsson, qui a quitté le groupe le mois dernier après l'avoir mené au bord du gouffre, a estimé également que Carrefour ne pourrait pas être partout dans le monde, où ses positions ont été attaquées par des acteurs locaux plus réactifs.

Le distributeur a déjà annoncé la semaine dernière son retrait de Grèce, où la cure d'austérité économique pèse sur la consommation. «Nous ne sommes pas forcément mieux placés en Turquie que nos partenaires turcs, nous n'avons pas forcément besoin d'être à 100% en Indonésie», a observé Georges Plassat.

Le PDG évoque la chute de l'empire romain

Il a en revanche déclaré qu'il n'était pas question de sortir du Brésil, qui pourrait au contraire devenir une plate-forme de développement en Amérique latine. Selon lui, l'Europe reste une zone économique importante en dépit de la baisse sensible de la consommation. «Je n'imagine pas la chute de l'empire romain demain. Mais la relation avec la dépense va changer», a souligné Georges Plassat, estimant que les distributeurs devront s'adapter à cette situation en répondant au plus près aux besoins de leurs clients européens.

A 12h20, le titre Carrefour cédait 0,9% à 14,36 euros. La capitalisation du groupe, dont l'action a perdu 18,5% de sa valeur depuis le début de l'année, est aujourd'hui inférieure à 10 milliards d'euros.