G20: L'Europe reste le centre du monde

CRISE La zone euro sera au coeur des débats du sommet du G20, qui se tient lundi et mardi au Mexique...

Céline Boff

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Le président Calderon lors de l'inauguration du bâtiment qui accueillera le G20.
Le président Calderon lors de l'inauguration du bâtiment qui accueillera le G20. — REUTERS/STRINGER Mexico

Le feuilleton continue. Pour ceux qui auraient manqué quelques chapitres, l'un des derniers épisodes, intitulé G8, s'était déroulé au mois de mai à Camp David, aux Etats-Unis. L'intrigue tournait essentiellement autour de l'Europe. La zone euro parviendra-t-elle à s'extirper des griffes de la crise des dettes souveraines? François Hollande réussira-t-il à la sauver avec son arme de la croissance? Et Angela Merkel jouera-t-elle encore les trouble-fête avec son obsession de la rigueur ? La saison s'était terminée sur ces interrogations.

Le monde veut des solutions

Le nouvel épisode qui débute ce lundi s'ouvre à Los Cabos (Mexique) et se nomme G20. Dans les rôles principaux, on retrouve les chefs d'Etat et de gouvernement, cette fois-ci des pays les plus industrialisés de la planète et des principaux pays émergents. Mais la star ne change pas: la puissante et fragile Europe constitue une fois de plus l'énigme principale.

Car tous les protagonistes ont à perdre avec elle, à commencer par la Chine, dont le développement se ralentit, et les Etats-Unis, en rémission précaire. Pour ces deux puissances, le marché européen est une priorité absolue: il est la première destination de leurs exportations. Et l'impatience commence à poindre. Pourquoi la zone euro n'est-elle pas encore parvenue à endiguer une crise qui a débuté il y a près de deux ans en Grèce et qui ne cesse depuis de gagner du terrain ? Et surtout, comment compte-t-elle se replacer sur la rampe de la croissance ?

Les dirigeants du G20 sont lassés des rebondissements et veulent des réponses claires. Pour les obtenir, ils joueront sans doute la pression autant que la caresse. La plus délicate est venue de la Chine: «Toutes les parties sont convaincues que l'Europe est capable de résoudre sa crise des dettes souveraines», a récemment déclaré un porte-parole. En réalité, les tensions intra-européennes et la dégradation des relations franco-allemandes inquiètent le monde. Après une semaine de petits tacles, Angela Merkel et François Hollande se sont téléphonés, samedi.

Les discussions auraient été, si l'on en croit l'Elysée, «constructives et fructueuses». Mais Angela a sans doute moyennement apprécié le contenu du document préparé par François sur les réponses françaises à la crise. Selon Le Journal du Dimanche, ce «pacte pour la croissance en Europe» aurait été adressé la semaine passée aux dirigeants européens… Mais ne reprendrait aucune idée de la chancelière allemande…

Au Mexique, les discussions risquent d'être bien épicées. Et cette nouvelle saison s'annonce encore pleine de suspense.