Football: Les Bleus font-il encore vendre?

Bertrand de Volontat et Mathieu Bruckmüller
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Laurent Blanc, le sélectionneur des Bleus lors de sa conférence de presse à Clairefontaine le 18 mai 2012.
Laurent Blanc, le sélectionneur des Bleus lors de sa conférence de presse à Clairefontaine le 18 mai 2012. — FRANCK FIFE / AFP

Coup de boule de Zidane en finale du Mondial 2006, élimination prématurée à l’Euro 2008, désastre à Knysna en 2010, l’équipe de France de football n’a pas toujours aidé la Fédération française de football (FFF) dans ses relations avec ses partenaires commerciaux. Pourtant, sur la période 2010-2014, le montant annuel des contrats a progressé d’un tiers, par rapport à 2006-2010, représentant plus de 100 millions d’euros, soit un peu plus de la moitié du budget de la FFF. Rien que le contrat record avec Nike rapporte 46,66 millions d’euros par an jusqu’en 2018. C’est quatre fois plus que le dernier contrat Adidas qui couvrait la période 2004-2010. 

Les Bleus notés 7,5 sur 10

N’empêche, la tragédie de l’Afrique du Sud a laissé des traces. La FFF s’est fait pardonner en accordant un dédommagement de deux à quatre millions par an, pour l’ensemble des sponsors. Ces derniers ont exigé en plus que les montants versés puissent varier en fonction de l’image des Bleus et de leurs résultats. Notés 2 sur 10 en 2010, ils sont désormais à 7,5. «Plus la cote d’amour est élevée, plus les sponsors doivent payer», résume un observateur. Et les joueurs multiplient les opérations sur le terrain pour se rapprocher de leur public. Mais pour l’Euro 2012, échaudés par Knysna, «les annonceurs ont joué la carte de la sobriété. Il n’y a pas eu de campagne en amont comme pour les rugbymen en 2011. La seule pub a été celle de Citroën et c’était davantage l’image d’un collectif qui y a été véhiculée. La fédération a joué low-profile en attendant que le terrain parle», décrypte Vincent Chaudel, expert sport au sein du cabinet Kurt Salmon.

Aujourd’hui, la FFF compte trois types de partenaires. L’équipe de France masculine a quatre partenaires majeurs qui, en théorie, déboursent quatre millions d’euros par an: Crédit agricole, GDF Suez, PMU et Nike. Viennent ensuite les partenaires officiels avec un ticket d’entrée à 1,4 million d’euros: Carrefour, SFR, Sport 2000 et Citroën. Ensuite, les fournisseurs officiels déboursent 500.000 euros: Continental, Coca-Cola, C10 et Pasquier. D’autres partenaires, parfois les mêmes, paient également pour être associés à la Coupe de France, au football amateur et à l’équipe féminine.

L’équipe de France, une valeur sûre

Les résultats des Bleus auront dans tous les cas des répercussions à la marge sur les contrats en cours. Même s’ils sont signés pour une durée de quatre ans, les partenariats se font «au jour le jour», explique un spécialiste. Ceux pour la période 2014-2018 devraient, selon plusieurs observateurs, être encore plus juteux qu’aujourd’hui. Le football fait toujours vendre plus que n’importe quel autre sport. «Dans un contexte économique difficile, il y a besoin de moments de fédération, de communication positive», analysait récemment au Figaro, Lucien Boyer, PDG d'Havas Sports et Entertainment. Or, le foot reste ce vecteur d’émotion populaire pour lequel les marques sont prêtes à mettre le prix. «L’équipe de France reste une valeur sûre», conclut Lucien Boyer.