Livret A: L'inflation modérée laisse présager un maintien du taux à 2,25%

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Sauf coup de théâtre, le taux du Livret A va être finalement ramené à 1,75% le 1er février, contre 2,25% actuellement, après que la Banque de France a recommandé de déroger à la règle et d'épargner à ses détenteurs un recul aussi important que redouté.
Sauf coup de théâtre, le taux du Livret A va être finalement ramené à 1,75% le 1er février, contre 2,25% actuellement, après que la Banque de France a recommandé de déroger à la règle et d'épargner à ses détenteurs un recul aussi important que redouté. — Guillaume Baptiste afp.com

Le ralentissement de l'inflation, avec un recul des prix de 0,1% sur un mois en mai et une augmentation contenue à 2% sur un an, laisse augurer un maintien du taux du Livret A à 2,25% en août, date de sa prochaine révision. Etroitement liée à l'évolution des prix même si elle tient compte aussi des taux du marché interbancaire, autrement dit du coût des prêts que se consentent les banques entre elles, la formule de calcul automatique de ce taux suggère qu'il restera inchangé à l'été. Sur un an et hors tabac -indicateur de référence pour le Livret A-, les prix ont progressé de 1,9%, a précisé ce mercredi l'Insee.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, pourra choisir d'appliquer la formule ou, au cas il souhaiterait y déroger, demander l'arbitrage du ministre de l'Economie. En février, le précédent gouvernement avait choisi de suivre la recommandation de Christian Noyer et de maintenir le taux du Livret A à 2,25% alors que l'application mécanique de la formule aurait dû le porter à 2,75%. Les économistes sont partagés sur l'évolution des prix en France. Ceux de Natixis prévoient pour juin une inflation sur un an comprise entre 1,9% et 2,0% en juin.

Contexte difficile pour l'emploi

«On devrait avoir une inflation qui continue à décélérer assez nettement», pour arriver à 1,50% en fin d'année, prédit Jean-Christophe Caffet, économiste France de la banque, pour qui ce ralentissement serait principalement imputable à celui des prix de l'énergie et des matières premières. Jean-Christophe Caffet fait valoir un contexte difficile pour l'emploi qui favoriserait la modération salariale.

Les économistes de la Société Générale estiment en revanche que le reflux des prix de l'énergie devrait s'interrompre et envisagent même un rebond cet été à la "faveur" d'éventuelles tensions géopolitiques. Ils tablent sur un taux d'inflation, hors tabac, à 2,2% en fin d'année qui, même s'il se confirmait, ne devrait cependant pas entraîner de relèvement du taux du Livret A au 1er novembre. Le taux du livret A est revu normalement au 1er février et au 1er août mais il peut être révisé aussi le 1er mai et le 1er novembre si une variation «très importante» des indicateurs qui le déterminent est observée.

Diminution des prix de l'énergie, des transports et des communications

Selon l'Insee, la quasi stabilité des prix en mai ressort de la diminution des prix de l'énergie, des transports et des communications, concomitante à une progression de ceux de l'alimentation et des services liés au tourisme. L'inflation, qui n'avait cessé d'accélérer depuis août, atteignant des pics autour de 2,5% sur douze mois, avait commencé à fléchir dès avril. Dans le détail, les prix de l'énergie ont reculé de 1,5% en mai même si leur hausse reste significative sur un an (+5,0%). Le mois dernier et dans le sillage de la baisse des cours du pétrole brut, les prix des produits pétroliers se sont affichés en repli (-2,5 %; +6,1% sur un an).

Les prix des services ont également marqué un léger recul (-0,1%; +1,5%). Ceux de l'alimentation ont en revanche augmenté de 0,6% (+3,0% sur un an) et ceux des produits manufacturés de +0,1% (+1,0% sur un an). Si son taux pourrait donc rester inchangé un moment encore, le Livret A, produit d'épargne plébiscité par les Français, devrait connaître en revanche un regain d'intérêt avec le doublement à venir du plafond des dépôts qui passeraient de 15.300 euros à 30.600 euros. Cette promesse de campagne de François Hollande est censée dynamiser la construction de logements sociaux. Le gouvernement espère ainsi porter à 150.000 le nombre de constructions par an, contre 110.000 en 2011.