Berlin propose ses recettes de croissance pour l'Europe

EUROPE Pressé de toutes parts de s'engager en faveur de la croissance, le gouvernement allemand a élaboré un programme pour l'Europe qui mise sur les potentiels du marché commun et des réformes structurelles, mais pas sur une relance à crédit.

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Pressé de toutes parts de s'engager en faveur de la croissance, le gouvernement allemand a élaboré un programme pour l'Europe qui mise sur les potentiels du marché commun et des réformes structurelles, mais pas sur une relance à crédit.
Pressé de toutes parts de s'engager en faveur de la croissance, le gouvernement allemand a élaboré un programme pour l'Europe qui mise sur les potentiels du marché commun et des réformes structurelles, mais pas sur une relance à crédit. — Patrik Stollarz afp.com

Pressé de toutes parts de s'engager en faveur de la croissance, le gouvernement allemand a élaboré un programme pour l'Europe qui mise sur les potentiels du marché commun et des réformes structurelles, mais pas sur une relance à crédit.

C'est le ministère de l'Economie, tenu par le libéral Philipp Rösler, qui a élaboré ce programme intitulé «Plus de croissance pour l'Europe: emploi, investissements, innovations», dont l'AFP a obtenu copie.

Ce document de huit pages, qui reprend des thèmes fréquemment évoqués par la chancelière Angela Merkel ces dernières semaines, doit être soumis aux partenaires européens de l'Allemagne, dont beaucoup réclament, à l'instar de la France, une stimulation de la croissance pour accompagner la rigueur budgétaire à l'ordre du jour en Europe.

Il doit aussi servir de base aux négociations avec les partis allemands d'opposition dont Berlin doit obtenir le soutien pour le vote au Bundestag du pacte européen de discipline budgétaire.

«La croissance pérenne ne s'achète pas avec des programmes de dépenses publiques, ni avec des interventions étatiques qui biaisent la concurrence, ni avec une politique monétaire trop expansive», selon le texte.

Les mesures proposées comprennent essentiellement des suggestions de réformes adressées aux Etats membres, un appel à une meilleure utilisation des ressources et des mécanismes européens existants. Seule concession un tant soit peu concrète: une augmentation de capital de 10 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI).

«Exploiter le potentiel du marché commun»

Pour le reste, les pays de l'UE sont invités à «mettre en place des conditions favorables à l'activité entrepreneuriale», accélérer les privatisations, réformer leur marché du travail.

De manière générale, «il faut continuer à exploiter le potentiel du marché commun», par exemple avec une meilleure connexion des marchés de l'énergie, la stimulation du commerce en ligne ou encore la construction de réseaux de télécommunications à haut débit.

Les services de M. Rösler font également campagne pour «une meilleure utilisation des fonds européens». «Les projets d'infrastructure doivent être guidés par un besoin effectif», relèvent-ils.

Le document appelle aussi à la mise en oeuvre «rapide» du projet-pilote d'obligations européennes dédiées aux grands projets («project bonds»).

Contrairement à ce qu'écrivait mardi le quotidien Handelsblatt, se basant manifestement sur une autre version, le texte ne mentionne pas la taxation des marchés financiers.

Or le parti social-démocrate SPD, dont Mme Merkel doit s'assurer le soutien au Bundestag pour faire adopter le pacte budgétaire à la majorité requise des deux tiers, l'exige comme condition à son feu vert. «Si rien ne bouge là-dessus, nous ne voterons pas 'oui'», a martelé mardi un responsable du parti, Frank-Walter Steinmeier.

Eurobonds, union bancaire... un jour peut-être

Berlin reste opposé aux euro-obligations, instrument de mutualisation de la dette défendu par la France et d'autres partenaires européens, mais qui selon l'Allemagne ne pourront voir le jour que dans «de nombreuses années».

Fin de non-recevoir allemande aussi à une utilisation directe par les banques des mécanismes de secours de la zone euro, le FESF et le MES, ou à une ouverture des vannes de la Banque centrale européenne (BCE).

Quant au sujet amplement discuté cette semaine d'une «union bancaire», Mme Merkel a certes paru lui ouvrir la porte en admettant qu'il serait discuté par les Européens lors de leur prochain sommet fin juin, mais pour elle ceci s'inscrit dans le cadre d'une réflexion de long terme sur l'avenir de l'UE.

«Un tel pas doit être bien réfléchi», a d'ailleurs mis en garde mardi le chef de file des députés de son parti, Volker Kauder.