Lohr industrie en cessation de paiement

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Le fabricant alsacien de systèmes de transport Lohr Industrie s'est déclaré lundi en cessation de paiement, mais il n'a pas renoncé à sortir la tête de l'eau en relançant ses difficiles tractations avec Alstom pour lui céder sa filiale Translohr.
Le fabricant alsacien de systèmes de transport Lohr Industrie s'est déclaré lundi en cessation de paiement, mais il n'a pas renoncé à sortir la tête de l'eau en relançant ses difficiles tractations avec Alstom pour lui céder sa filiale Translohr. — Gerard Cerles afp.com

Le fabricant alsacien de systèmes de transport Lohr Industrie s'est déclaré lundi en cessation de paiement, mais il n'a pas renoncé à sortir la tête de l'eau en relançant ses difficiles tractations avec Alstom pour lui céder sa filiale Translohr.

L'industriel, qui emploie plus de 900 personnes à Duppigheim (Bas-Rhin), à 20 km de Strasbourg, avait annoncé la semaine dernière son intention de déposer le bilan. Il n'avait toutefois pas exclu d'éviter cette démarche, s'il parvenait in extremis à un accord avec Alstom et le Fonds stratégique d'investissement (FSI).

Sévèrement touché par la crise, Lohr comptait sur la cession de Translohr, qui fabrique des tramways sur pneus, pour obtenir une bouffée d'oxygène. En avril, Alstom et le FSI (Fonds d'investissement stratégique), avaient proposé d'acheter la filiale pour 60 millions d'euros, mais ils ont transmis la semaine dernière une offre largement inférieure. "La situation commerciale et financière de Translohr est apparue beaucoup plus difficile qu'indiqué par son vendeur", ont-ils justifié.

Robert Lohr, PDG fondateur du groupe, a déploré un "non-respect de la parole donnée", affirmant qu'Alstom et le FSI avaient proposé 35 millions d'euros, "pour un périmètre supérieur à ce qui avait été évoqué en avril". "Ils voulaient acheter plus et payer moins", a-t-il dit à l'AFP.

M. Lohr a donc déclaré lundi son entreprise en cessation de paiement devant la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg. "La décision a été mise en délibéré pour quelques jours", a indiqué à l'AFP Jean-François Argence, de la direction générale de l'entreprise.

"C'est une mesure conservatoire que l'on prend, on anticipe très en amont pour protéger les intérêts du groupe et des salariés", a fait valoir M. Argence.

"Si on n'est pas en redressement, qui va nous payer ?", s'est interrogé devant le tribunal Yves Mattern, élu CFDT au comité d'entreprise de Lohr, indiquant que les salaires de mai n'avaient pas été versés.

Entreprise familiale, Lohr Industrie fabrique notamment des remorques pour le transport d'automobiles par camions, mais cette activité historique souffre depuis plusieurs années d'une conjoncture atone, qui a conduit l'entreprise à supprimer une centaine d'emplois début 2009, puis 150 en mai 2010.

M. Lohr aurait "dû licencier massivement bien avant", a estimé M. Mattern. "C'est malheureux pour un syndicaliste de dire ça, mais on est contre le mur aujourd'hui, parce qu'il a voulu préserver l'emploi coûte que coûte", a-t-il ajouté.

Les syndicats estiment par ailleurs que les pouvoirs publics pourraient aider le groupe en faisant en sorte que la SNCF lui commande des wagons de ferroutage.

Dans l'attente d'un éventuel placement en redressement judiciaire, Lohr Industrie n'a pas encore tiré un trait sur ses discussions avec Alstom et le FSI.

Interrogé par la presse à la sortie du tribunal, M. Lohr a estimé qu'un accord "n'est pas impossible", ajoutant qu'Alstom est "le seul avec qui nous discutons".

"Si Lohr Industrie est mise en redressement, ce sera la décision de ses dirigeants et pas la nôtre. Nous resterons prêts à assurer l'avenir de Translohr dans des conditions économiques acceptables", a affirmé samedi le PDG d'Alstom Patrick Kron au quotidien Les Dernières nouvelles d'Alsace.