Vacances: Et si c'était le bon moment pour partir en Grèce?

TOURISME Les réservations sont en chute libre, les prix aussi...

M.B.
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Des touristes devant le Parthénon d'Athènes, le 20 juin 2011.
Des touristes devant le Parthénon d'Athènes, le 20 juin 2011. — Corentin Chauvel/20minutes.fr

L’année 2012 s’annonce sombre pour l’industrie touristique de la Grèce alors que le pays s’enfonce dans la crise politique. Une situation très inquiétante dans la mesure où le secteur représente quelque 768.000 emplois directs et indirects et 15,7% des revenus du pays. Autant dire qu’il est vital. 

Après avoir connu une embellie en 2011, à la faveur du printemps arabe, qui s'est traduite par une augmentation de 9,46% de la fréquentation touristique (16,4 millions de visiteurs) et une hausse de 9,5% du chiffre d'affaires à 10,5 milliards d'euros, la saison démarre très mal. Les Français qui avaient été 22% plus nombreux l’an dernier qu’en 2010, dépassant la barre du million de visiteurs, le sont moins. Ainsi en France, les réservations, pour cet été, ont baissé de 30%.

Les émeutes ont laissé des traces

A l’Office national du Tourisme hellénique de Paris, comme dans les agences de voyages, des clients inquiets se manifestent et s’interrogent sur l’évolution du contexte politique et sociale. Les émeutes de février dernier survenues après la mise en place d’un nouveau programme d’austérité ont laissé quelques traces.

L’incertitude entourant les prochaines élections législatives du 17 juin, qui vont se transformer en référendum pour ou contre le maintien de l’euro dans le pays, alimente les interrogations. Que se passera-t-il si le pays fait faillite? Quelles conséquences à un éventuel retour à la drachme? Les professionnels du tourisme se font rassurants et soulignent que c’est un problème interne à la Grèce qui ne concerne pas les visiteurs. 

Les Allemands prudents

Mais les Français ne sont pas les seuls à jouer de prudence. Les réservations des Allemands sont également en baisse de 30%. Un manque à gagner énorme. En effet, nos voisins d’outre-Rhin sont ceux qui se rendent le plus en Grèce. Ils étaient 2,6 millions en 2011. Les touristes allemands, traditionnellement les plus dépensiers du monde durant leurs vacances à l'étranger, évitent désormais la Grèce en raison d'informations faisant état d'animosité, voire de violence, envers eux en réaction aux mesures d'austérité drastiques exigées par la chancelière Angela Merkel. La crainte de mouvements de grève explique aussi leur réserve.

Pour faire face, l’industrie touristique emploie les grands moyens et affiche des rabais de 25 à 30% dans certains hôtels trois ou quatre étoiles. Même tendance dans les restaurants. Des baisses de prix qui pourraient permettre au tourisme grec de limiter la casse selon Guy Raffour, spécialiste du tourisme. En effet, en cette période où le budget des ménages est sous pression, toute baisse de prix est un facteur de départ. De plus, les Français ont plus que jamais tendance à réserver leurs séjours à la dernière minute surtout pour aller dans un pays situé à moins de trois heures d’avion.