Une PME liquidée par erreur

SOCIAL Un greffier a inscrit un mauvais numéro dans les registres de liquidation...

C.B.

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Bertrand Jacquelot, patron de ECA.
Bertrand Jacquelot, patron de ECA. — DR

«Je tente de rassurer mes vingt salariés, mais la situation est très grave.» Bertrand Jacquelot est peut-être sur le point de perdre ECA, son entreprise de plomberie (Seine-et-Marne). A cause d'une erreur administrative. Tout commence par l'impayé de l'un de ses clients. «Mon avocate a demandé au tribunal de Paris de liquider cette société, ce qu'il a fait», explique le patron.

Oui mais voilà: au moment d'inscrire dans les registres le nom de l'entreprise liquidée, le greffier se trompe de numéro Siret et note celui du plaignant… L'information est alors mise en ligne, puis automatiquement adressée à la Banque de France, aux organismes de garantie, aux clients et fournisseurs de la société.

Un contrat majeur déjà perdu

Résultat: les comptes d'ECA sont immédiatement bloqués. Et la machine s'emballe. «Les fournisseurs ne veulent plus me livrer, mais surtout, j'ai perdu un contrat à 850.000 euros sur lequel je bossais depuis un an.» Car ECA travaille pour des promoteurs immobiliers, eux-mêmes contraints de signer avec des sociétés «bien dans les clous. J'ai beau leur expliquer qu'il s'agit d'une erreur, ils ont beau me croire, cela ne change rien.»

«C'est comme si un organisme officiel annonçait votre décès. Votre banque exigera la preuve que vous êtes bien vivant», explique Me Sonia Beaufils, avocate d'ECA. «Il va y avoir une correction, mais les pertes financières sont déjà là.» Bientôt à court de trésorerie, ECA risque la faillite.