La CGT va dévoiler sa liste noire des plans sociaux

EMPLOI Selon la centrale syndicale, 45.000 emplois sont menacés...

Delphine Bancaud
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Bernard Thibault verrait bien une femme lui succéder à la tête de la CGT.
Bernard Thibault verrait bien une femme lui succéder à la tête de la CGT. — CHESNOT / SIPA

Info ou intox? La CGT remettra ce mardi au gouvernement une liste de 46 entreprises où l'emploi serait immédiatement menacé. Le syndicat, qui estime à près de 45.000 le nombre d'emplois concernés, a déclaré que cette liste n'était pas «exhaustive», laissant planer la menace d'une cascade de plans sociaux.

Des propos qui ont fait réagir la patronne du Medef, Laurence Parisot, qui a déclaré dimanche sur RTL qu'il n'y avait pas «plus de plans sociaux» cette année que l'an dernier. Mais selon, Nicolas Bouzou, économiste, directeur d'Asterès, «de nombreux plans sociaux pourraient bien être révélés après les législatives. Car les entreprises savent qu'en annonçant ce genre de nouvelle en période électorale, elles risquent de recevoir la visite des politiques et d'être exposées médiatiquement.»

Faire réagir le gouvernement

Pour l'économiste, les plans sociaux pourraient commencer cet été, «lorsque les Français seront moins préoccupés par les questions économiques que par leurs vacances». Quant au chiffre des 45.000 emplois menacés, s'il paraît réaliste aux yeux de l'économiste, il estime qu'il n'a pas vraiment de sens. «Ce qui compte, c'est davantage la différence entre le nombre d'emplois qui seront détruits au cours de l'année et ceux qui seront créés.»

Néanmoins, les annonces de futurs plans sociaux pourraient atteindre le moral des Français. «D'autant qu'ils toucheront des fleurons de l'économie, comme des groupes bancaires, automobiles ou de la distribution», précise Nicolas Bouzou. D'où la volonté de la CGT de tirer la sonnette d'alarme dès à présent «pour faire réagir le gouvernement». Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a déjà commencé une tournée des sites en difficulté pour tenter de sauver le maximum d'emplois. Et lors de la campagne présidentielle, le PS avait avancé la promesse d'interdire les «licenciements boursiers». Reste à savoir s'il pourra la tenir…