Technicolor: Le site d'Angers en cessation de paiement

ECONOMIE L'usine compte 330 salariés et cherche toujours un repreneur...

Avec agences

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La Cour d'appel de Versailles (Yvelines) a validé le plan de sauvegarde du groupe français de technologies pour les médias Technicolor, rejetant jeudi un recours déposé par des créanciers, a annoncé celui-ci dans un communiqué.
La Cour d'appel de Versailles (Yvelines) a validé le plan de sauvegarde du groupe français de technologies pour les médias Technicolor, rejetant jeudi un recours déposé par des créanciers, a annoncé celui-ci dans un communiqué. — Loic Venance AFP/Archives

Ce que les syndicats redoutaient s'est finalement produit. Le mandataire social de Thomson Angers a annoncé vendredi aux salariés de l'usine de production de décodeurs la cessation de paiement du site, a déclaré vendredi une porte-parole de Technicolor, maison mère de la société.

Cette annonce a eu lieu lors d'un comité d'entreprise extraordinaire du site, qui emploie près de 330 personnes et pour lequel Technicolor cherche toujours un repreneur.

Défaut de paiement dun million d'euros par mois

«Ils ont fait état d'un défaut de paiement de près d'un million d'euros par mois, précisant qu'ils n'étaient pas en mesure de régler les salaires du mois de mai», a précisé Patrice Gilbert, représentant de la CFE-CGC.

Toujours de source syndicale, Technicolor devrait proposer au tribunal de Nanterre un plan de continuation de quatre mois «jusqu'en septembre ».

L'ensemble des représentants des salariés au comité d'entreprise ont émis un avis défavorable à la déclaration de cessation de paiement, estimant que le groupe Technicolor a les moyens de soutenir l'usine d'Angers.

Forte concurrence asiatique

Dernier site de production européen du groupe, l'usine d'Angers a en particulier subi ces dernières années une forte pression sur ses prix, due à la concurrence asiatique, ainsi que la perte en 2011 d'un contrat avec France Télécom.

Technicolor a décidé de cesser à la fin de l'été son activité de fabrication de décodeurs numériques, avant une éventuelle reconversion.

Avant sa nomination au poste de ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg avait déclaré pendant la campagne électorale que Technicolor serait un des dossiers prioritaires du nouveau gouvernement.

Le groupe, endetté à hauteur de 957 millions d'euros fin 2011, a de son côté annoncé début mai l'arrivée à son tour de table de la banque américaine JP Morgan, qui deviendra ainsi son premier actionnaire.

Technicolor est né de la scission des activités grand public de l'ancien groupe public Thomson et s'est réorienté vers les technologies pour les médias et la création de contenus pour le cinéma et la télévision.