Air France: Vers une montée en puissance de Transavia et des filiales régionales

SOCIAL La compagnie aérienne a dévoilé jeudi les grandes lignes de son projet Transform 2015...

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Air France a reconnu jeudi que sa restructuration conduira à un "sureffectif", dont elle dévoilera l'ampleur dans la deuxième quinzaine de juin après les derniers arbitrages sur son plan d'économies, mais la compagnie veut toujours éviter les "départs contraints".
Air France a reconnu jeudi que sa restructuration conduira à un "sureffectif", dont elle dévoilera l'ampleur dans la deuxième quinzaine de juin après les derniers arbitrages sur son plan d'économies, mais la compagnie veut toujours éviter les "départs contraints". — Thomas Samson afp.com

Air France, forcée de réduire ses coûts et de gagner en productivité, a fait jeudi un point d'étape sur son projet Transform 2015 qui va privilégier une montée en puissance de la filiale low-cost Transavia et des filiales régionales et une réduction de sa flotte court et moyen courrier.

"Il n'y a pas de grande révolution dans les annonces", a commenté Michel Salomon, responsable CFDT à l'issue du comité central d'entreprise.

Pour Franck Mikula de l'Unac, "il n'y a pas d'annonce spectaculaire, mais pas non plus de garantie sur l'emploi". Michel Colsy de l'Unsa aérien a estimé que "la montagne avait accouché d'une souris". "Ce plan nous laisse sur notre faim, il manque de souffle", a-t-il ajouté.

Selon les syndicats, Transavia va passer à l'horizon 2015 de 8 à 20-22 avions et d'autre part les filiales Régional, Britair et Airliner vont être regroupées et reprendre une partie de l'activité au départ du hub de Roissy et des vols sans correspondance au départ d'Orly.

Sur le court et moyen courrier, grande source de pertes pour Air France, la flotte devrait être réduite de 34 appareils pour une offre commerciale similaire, le tout grâce à une utilisation des appareils et des équipages plus intensives, ont indiqué ces sources syndicales.

"C'est inquiétant une telle réduction de la flotte, cela veut dire qu'on ne parie pas sur un gain d'activité", a commenté Franck Mikula, délégué Unac (hôtesses et stewards).

La flotte court et moyen courrier Air France compte actuellement 145 appareils.

Sur l'emploi, grand sujet d'inquiétude face aux objectifs de gains de productivité et d'efficacité économique de 20%, le PDG "Alexandre de Juniac n'a pas donné de garantie, il a répété qu'il s'efforcerait d'éviter des départs contraints mais que ce n'était pas gagné", selon Franck Mikula.

Selon Michel Salomon, "il n'a pas caché qu'il devrait apparaître un sureffectif mais qu'il n'était pas possible de l'évaluer avant la fin des négociations sur le volet social en juin" (organisation du travail notamment).

Selon les syndicats, le PDG a aussi égrené des mesures concernant la révision de l'offre sur le long courrier, la création d'un tarif économique plus intéressant mais avec des prestations payantes (bagage notamment), la réorganisation des correspondances à Roissy, la simplification des gammes de produits, l'amélioration de la qualité de service ou le développement de la vente directe sur internet.

L'envolée des prix du carburant et la concurrence féroce des compagnies à bas coût et du Golfe ont placé le groupe Air France/KLM dans une situation difficile, avec des pertes de plus de 800 millions d'euros en 2011 et une lourde dette (6,5 milliards).

Dans ce contexte dégradé, Jean-Cyril Spinetta est revenu aux commandes du groupe à l'automne, tandis qu'Alexandre de Juniac a pris la tête de l'entité Air France.

L'objectif de Transform 2015 est d'économiser 2 milliards d'euros sur trois ans.

En janvier, une premier série de mesures à effet immédiat a été annoncée (gel des embauches et des salaires en 2012 et 2013, fermeture de lignes, billets réduits moins nombreux, gel d'investissements).

Dans la foulée, un vaste chantier de renégociation des accords d'entreprise (avancements, promotions, temps de travail, prise de congés, composition d'équipage, etc.) a été lancé avec pour objectif un gain de "20% d'efficacité économique".

Les discussions vont se poursuivre de manière intensive ces prochaines semaines et un prochain CCE est fixé au 28 juin.

Le gel des embauches va déjà générer environ 800 suppressions de postes par an, compte tenu des départs naturels.

Si le sureffectif allait largement au delà, un plan de départs volontaires serait inévitable.