Crédit Agricole: AG sous haute tension avec la Grèce en toile de fond

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Crédit Agricole SA (CASA), entité cotée du groupe, a ouvert mardi le bal des assemblées générales des grandes banques françaises dans une ambiance tendue, la situation de la filiale grecque Emporiki et le net recul du cours de Bourse étant au centre des préoccupations des actionnaires.
Crédit Agricole SA (CASA), entité cotée du groupe, a ouvert mardi le bal des assemblées générales des grandes banques françaises dans une ambiance tendue, la situation de la filiale grecque Emporiki et le net recul du cours de Bourse étant au centre des préoccupations des actionnaires. — Pierre Verdy afp.com

Crédit Agricole SA (CASA), entité cotée du groupe, a ouvert mardi le bal des assemblées générales des grandes banques françaises dans une ambiance tendue, la situation de la filiale grecque Emporiki et le net recul du cours de Bourse étant au centre des préoccupations des actionnaires.

La grogne des actionnaires n'a pas toutefois entravé l'adoption des résolutions proposées, notamment le maintien de la rémunération des administrateurs.

"Gouffre", "fiasco": les remarques de porteurs mécontents ont à plusieurs reprises fusé au sujet de la décision de racheter Emporiki en 2006, l'un d'entre eux prédisant un avenir identique à celui de Dexia, la banque franco-belge en cours de démantèlement.

Face à eux, le président et le directeur général de Crédit Agricole SA, Jean-Marie Sander et Jean-Paul Chifflet, ont tenté de faire face, le premier martelant notamment qu'ils "travaillent d'arrache-pied à redresser la situation" en Grèce.

Fait notable, ils ont fait passer aux journalistes au cours de l'assemblée générale un message écrit. Ils y réitèrent notamment leur demande de pouvoir bénéficier "d'un refinancement direct par la Banque centrale de Grèce, via l'ELA (Emergency liquidity assistance), le dispositif public d'accès à la liquidité bancaire".

Considérée comme une banque étrangère, Emporiki n'a jusqu'à présent pas pu avoir accès à l'ELA.

"Il est encore possible que la Grèce s'en sorte", a assuré M. Sander, ajoutant qu'"on ne quitte pas un pays du jour au lendemain".

"Qui veut mes trois actions ?"

Avant l'assemblée générale, les dirigeants de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), l'organe de représentation des caisses régionales au sein du groupe Crédit Agricole et actionnaire majoritaire de CASA, avaient cherché à déminer le terrain en annonçant ne rien exclure quant au devenir de cette filiale.

"Notre devoir est bien entendu de ne fermer aucune hypothèse, afin de préserver nos intérêts, et nous devons réduire les inquiétudes liées à notre exposition sur la Grèce", a fait valoir son secrétaire général Philippe Brassac dans un entretien au Figaro.

Autre sujet de colère, le cours du titre à la Bourse de Paris, qui a atteint la semaine passée son plus bas niveau historique, sous les trois euros. En un an, il a reculé de plus de 70%.

A l'entrée, un syndicaliste de SUD brandissait ainsi un billet de 10 euros en demandant ironiquement aux personnes présentes qui était "intéressé par trois actions Crédit Agricole".

"Notre cours de Bourse, il est bas, trop bas. Il a été impacté plus que les autres par les événements concernant la Grèce", a regretté Jean-Paul Chifflet.

Ponctuellement, la tension palpable s'est aussi transformée en invectives verbales, un actionnaire dénonçant avec virulence des "méthodes policières", quand le président de Crédit Agricole SA a indiqué à un intervenant que son temps de parole de deux minutes était terminé.

Quatre membres du groupe féministe La Barbe ont aussi interrompu l'AG pendant quelques minutes pour dénoncer la composition exclusivement masculine des comités exécutif et de direction.

En fin d'assemblée générale, le vote des trente-quatre résolutions s'est déroulé dans le calme, même si l'adoption à une très large majorité (plus de 97%) du maintien du montant des jetons de présence pour les administrateurs a donné lieu à un concert de huées.

Auparavant, plusieurs porteurs s'étaient émus de cette proposition, s'appuyant sur l'absence de dividende cette année après que Crédit Agricole SA a enregistré en 2011 sa première perte annuelle, de 1,47 milliard d'euros, depuis son introduction en Bourse en 2001.

"Personnellement, je souhaite (...) que nous puissions reprendre le chemin du versement d'un dividende", a espéré Jean-Marie Sander.