Le Portugal examiné par ses créanciers avec la crise grecque en toile de fond

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Les représentants des créanciers du Portugal entament mardi une nouvelle évaluation de la mise en oeuvre du plan d'aide de 78 milliards d'euros au moment ou la crise grecque suscite la crainte d'une éventuelle contagion.
Les représentants des créanciers du Portugal entament mardi une nouvelle évaluation de la mise en oeuvre du plan d'aide de 78 milliards d'euros au moment ou la crise grecque suscite la crainte d'une éventuelle contagion. — Francisco Leong afp.com

Les représentants des créanciers du Portugal entament mardi une nouvelle évaluation de la mise en oeuvre du plan d'aide de 78 milliards d'euros au moment ou la crise grecque suscite la crainte d'une éventuelle contagion.

Alors que la crise grecque risque d'aboutir à une sortie de la Grèce de la zone euro, le paramètre grec risque de peser pas sur les discussions, qui doivent durer environ deux semaines, entre les autorités portugaises et la "Troïka" (UE-FMI-BCE) des bailleurs de fonds.

Aucun plan particulier n'est à l'étude pour protéger le Portugal d'une contagion grecque, a toutefois expliqué le ministre portugais de l'Economie, Alvaro Santos Pereira soulignant que l'objectif du pays était de "récupérer la crédibilité perdue" et se démarquer ainsi de la Grèce face à ses créanciers.

"Il n'y a qu'en mettant en oeuvre tout le programme et principalement les reformes structurelles (...) que nous pourrons retrouver et gagner à nouveau la crédibilité que nous avons perdu", a dit le ministre

Toutefois, une sortie de la Grèce de l'euro risque de provoquer une méfiance accrue envers le Portugal, autre "maillon faible" de la zone euro, et compliquer son retour sur les marchés, prévu en septembre 2013.

Les trois précédentes évaluations de la Troïka se sont soldées par des satisfecit. Les créanciers ont estimé que les réformes, notamment celle assouplissant le marché du travail, avaient placé le Portugal "sur la bonne voie" malgré "de sérieux défis".

Mais le nouvelle examen intervient dans un climat assombri par une hausse sans précédent du taux de chômage qui n'est plus qu'à 0,1 point de la barre des 15% et dépasse les 36% pour les jeunes qui de plus en plus nombreux quittent le pays pour tenter leur chance à l'étranger.

La hausse du chômage risque de peser sur les déficits en raison d'une augmentation imprévue des dépenses en matière d'allocations.

Parallèlement, les mesures d'austérité vont, selon des prévisions officielles, aggraver la récession, l'économie devant reculer cette année de 3,3% du PIB.

Le gouvernement de centre-droit du Premier ministre Pedro Passos Coelho, considère les exportations, qui en avril ont augmenté de 8,3 % sur un an, comme le principal moteur de l'économie. Mais le rythme risque de faiblir, alors que l'Espagne, principal partenaire du Portugal est entré en récession tandis que l'activité économique devrait reculer dans l'ensemble de la zone euro, selon les dernières prévisions de l'OCDE.

Lors des précédentes évaluations la Troïka s'était félicité du "consensus politique" autour de la mise oeuvre du plan d'ajustement, soutenu par le Parti socialiste, au pouvoir quand l'aide été accordé il y a un an.

Mais, encouragé par la victoire à la présidence française du socialiste François Hollande qui souhaite ajouter au pacte budgétaire européen un volet sur la croissance, le chef du PS portugais, Antonio José Seguro, a amplifié la campagne qu'il mène dans le même sens.

Il a reçu l'appui inattendu du président Anibal Cavaco Silva, qui a souhaité que des mesures pour la croissance et l'emploi complètent la rigueur, jusqu'à présent la priorité absolue du gouvernement.

Les socialistes entendent présenter mercredi au parlement un "protocole additionnel" au pacte budgétaire européen, que le Portugal a ratifié à la mi-avril. Un rejet risque de porter un coup sévère au "consensus politique" tant apprécié des créanciers du pays.

Le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 4 milliards d'euros dépend d'un nouveau satisfecit de la Troïka. Le Portugal a déjà reçu de ses bailleurs de fonds près de 53 milliards d'euros soit près de 70 % de l'aide totale.