Mario Monti s'attaque aux dettes de l'Etat à l'égard des entreprises

DETTE Il promet de rembourser jusqu'à 30 milliards d'euros...

© 2012 AFP

— 

Afin de redonner du "carburant" aux entreprises italiennes en pleine récession, le gouvernement de Mario Monti s'attaque au problème des dettes de l'Etat à l'égard de ses fournisseurs, promettant de leur rembourser de "20 à 30 milliards d'euros" cette année.
Afin de redonner du "carburant" aux entreprises italiennes en pleine récession, le gouvernement de Mario Monti s'attaque au problème des dettes de l'Etat à l'égard de ses fournisseurs, promettant de leur rembourser de "20 à 30 milliards d'euros" cette année. — Andreas Solaro afp.com

Afin de redonner du "carburant" aux entreprises italiennes en pleine récession, le gouvernement de Mario Monti s'attaque au problème des dettes de l'Etat à l'égard de ses fournisseurs, promettant de leur rembourser de "20 à 30 milliards d'euros" cette année.

"Avec l'intervention d'aujourd'hui, nous sommes en mesure de réaliser le remboursement progressif des dettes commerciales accumulées par l'administration publique" en restituant 20 à 30 milliards d'euros dès cette année, a déclaré mardi M. Monti lors d'une conférence de presse à Rome.

Les mesures adoptées mardi par le gouvernement de l'ex-commissaire européen permettront aux entreprises de faire reconnaître leurs créances dans un délai de 60 jours par les administrations.

Elles pourront ensuite se faire rembourser via l'annulation d'arriérés d'impôts ou de charges sociales ou en obtenant une avance bancaire en échange de leurs certificats de créances, a précisé le gouvernement dans un communiqué.

Quelque 150.000 entreprises sont concernées.

Les dettes de l'Etat italien à l'égard des fournisseurs des administrations publiques, et en particulier du système sanitaire national, s'élèvent à environ 70 milliards d'euros, d'après une estimation de l'organisation patronale Confindustria.

Le gouvernement n'a pas fourni de chiffre précis, se contentant de parler de "plusieurs dizaines de milliards d'euros".

Pour M. Monti, ce remboursement est "important, fondamental" car les entreprises "ont besoin de liquidités, de carburant pour rallumer le moteur de la productivité et voir enfin quelques filets de lumière" alors qu'"en cette période économique difficile, elles n'ont pas baissé la tête et affrontent la crise avec détermination".

L'Italie, entrée officiellement en récession fin 2011, s'y est enfoncée au premier trimestre 2012, sous le poids des plans d'austérité adoptés à la chaîne depuis 2010 pour rassurer les marchés.

Mardi, l'institut de statistiques Istat a encore assombri le tableau en annonçant qu'il tablait sur une contraction du PIB de 1,5% cette année alors que le gouvernement Monti mise sur un repli moins marqué de 1,2%.

Les retards de paiement de l'Etat italien, qui croule sous une dette colossale de plus de 1.900 milliards d'euros (120,1% du PIB fin 2011), sont fustigés depuis longtemps par les entreprises.

Mais le sujet est devenu central avec la crise, certaines entreprises étant prises à la gorge en raison de ces impayés.

"Le problème des retards de paiement de l'administration en Italie est un phénomène qui, avec la crise, est devenu une urgence à résoudre", a jugé le vice-ministre de l'Economie Vittorio Grilli qui a assuré que ces remboursements n'auraient "pas d'impact" sur la dette publique.

La présidente de la Confindustria, Emma Marcegaglia, a exprimé sa "satisfaction" et estimé que ces mesures permettraient d'affronter de "façon sérieuse l'exigence de liquidité qui est peut-être la priorité absolue pour les entreprises".

Mario Monti a enfin annoncé que l'Italie allait se mettre en conformité "d'ici la fin 2012" avec la directive européenne sur les délais de paiement qui oblige à payer les fournisseurs en 60 jours maximum alors que les délais atteignent dans la péninsule autour de 180 jours.

Ce qui représentera "la solution définitive afin d'éviter que ces situations se créent de nouveau", a souligné le ministre du Développement économique Corrado Passera.