Pourquoi les écoles de management fusionnent

EDUCATION La concurrence internationale bouleverse les stratégies...

Delphine Bancaud

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Un amphitéâtre
Un amphitéâtre — Pierre Andrieu AFP/Archives

Jamais les écoles de management n'avaient connu une fusion d'une telle ampleur. Ce mardi sera lancé le rapprochement entre le groupe Sup de Co Amiens Picardie, le groupe ESC Bretagne Brest, le groupe ESC Clermont et l'Escem Ecole de management qui deviendront une seule entité : France Business School. Un colosse qui comptera près de 7000 élèves et 170 professeurs et sera réparti sur cinq campus.

Des avantages pour les étudiants

Une fusion qui s'inscrit dans un mouvement déjà lancé par d'autres écoles auparavant. En 2007, l'IECS et l'IAE de Strasbourg ont donné naissance à l'EM Strasbourg et en 2009, l'ESC Lille et le Ceram de Nice se sont fondus en Skema Business School. Une stratégie dictée par des raisons économiques, comme l'explique François Duvergé, président de l'Escem et artisan du projet France Business School : «Le modèle économique de nos écoles est de plus en plus coûteux, car nous devons offrir toujours plus de services aux étudiants et recruter des professeurs chassés à l'international.» Autre raison de ces fusions selon Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles : «Le fait de se doter d'une marque forte donne plus de capacités pour rivaliser avec les autres écoles dans le monde et en se regroupant, les établissements peuvent déployer davantage de recruteurs pour approcher les étudiants étrangers dans leurs pays.»

Les élèves français ont aussi tout à gagner de ces fusions : «Ils peuvent bénéficier de davantage d'options et de partenariats plus nombreux avec des établissements étrangers», souligne Pierre Tapie. « Ils profitent aussi d'une démarche pédagogique intéressante et pourront encore mieux valoriser leur diplôme auprès des entreprises», ajoute François Duvergé. Et si certaines fusions d'entreprises peuvent entraîner des conflits culturels ou sociaux, les rapprochements d'écoles semblent, pour l'heure, avoir été épargnés.