France, une origine qui tente de faire label

CONSOMMATION Lancée il y a un an, la certification française essaie de s'imposer dans l'Hexagone...

Céline Boff

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Un produit OFG doit être fabriqué en France et 50 % de sa valeur ajoutée doit être française
Un produit OFG doit être fabriqué en France et 50 % de sa valeur ajoutée doit être française — CHESNOT/SIPA

Le label «origine France garantie» (OFG) a fait son chemin. Présenté il y a un an, ce sont aujourd'hui «plusieurs milliers de produits qui sont en cours de certification», assure le député Yves Jégo (Parti radical), créateur du label.

Parmi les gammes déjà certifiées: les vêtements Smuggler ou les bières des brasseries Kronenbourg. «Nous pensons que cela aura un impact sur nos ventes», confie un porte-parole du brasseur, dont les packs Kronembourg et 1664 bénéficient du logo depuis mars.

Pour le décrocher, «le produit doit être fabriqué en France et au moins 50% de sa valeur ajoutée [design compris] doit être française», détaille Yves Jégo. Autre exigence pour l'agroalimentaire: que la matière première soit principalement française. Ce qui contraint par exemple BN à revoir ses approvisionnements pour ses biscuits à la fraise, dont la pulpe est importée d'Europe de l'Est.

«Aucune valeur ajoutée»

Des critères plus stricts que ceux du Code des douanes, qui reconnaît l'origine France si au moins 45% de la valeur du produit est réalisée sur le territoire ou si la dernière transformation importante y est effectuée.

Mais Fortuné Le Calvé, président du Comité porcin de Bretagne, n'est pas convaincu: «OFG induit les consommateurs en erreur en les laissant penser qu'ils vont consommer un produit 100% français.» D'autant que, selon l'édition 2012 de l'Observatoire du fabriqué en France, la valeur des produits consommés dans le pays est à 67,5% d'origine française. Un taux supérieur aux 50% du label OFG qui permet donc à des entreprises de demander le logo.

Autre lacune: la qualité n'entre pas en compte. Ce qui fait bloguer Michel-Edouard Leclerc, dirigeant du mouvement E. Leclerc : «Ce label n'apporte aucune valeur ajoutée, aucune garantie de qualité supérieure.» Un faux problème pour Yves Jégo: «Ce que les consommateurs veulent, c'est savoir s'ils financent ou non des emplois en France.» Le député n'exclut toutefois pas de revoir les critères à la hausse si le label OFG trouve son public.