La Suède a bouleversé son image

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Pour réformer son système de retraite, la Suède a pris son temps. Stockolm est connu et jalousé pour la qualité de son dialogue social. Pour aborder cette question épineuse, le pays n’a pas hésité à négocier pendant... une quinzaine d’années. Avec succès. Après avoir constaté dès le milieu des années 1980 que le système par répartition allait dans lemur, la réforme a été adoptée en 1998. Depuis, elle se met assez rapidement en place. Pour André Roulleau, qui a
réalisé une étude sur Les Systèmes de retraite en Europe (Ed. Fondation Robert- Schuman) le nouveau dispositif suédois est « très novateur et s’autorégule ». Il préserve le système par répartition, c’est-à-direque ce sont les salariés qui financent les pensions des retraités. Mais le calcul individuel des pensions se fait lui comme dans un régime par capitalisation : on prend en compte les cotisations versées auxquelles on ajoute des intérêts (calculés selon les taux d’intérêts moyens du pays) comme si les cotisations avaient été placées. Ce capital est alors divisé par le nombre d’années restant à vivre (nombrequi est voté chaque année par le Parlement en fonction de l’âge du départ àla retraite). « Ce système, explique Alain Roulleau, incite les gens à travailler plus longtemps. Cela diminue la masse des pensions. » Si ces
dernières dérapaient malgré tout, undispositif de sécurité est prévu. Une baisse des intérêts permet de réduire le montant des retraites à payer. De plus, 2,5%du salaire est prélevé pour financer un fonds, géré par les organismes de retraiteet destiné à financer le
égime si besoin est. Reste à savoir si ce système seraencore efficace en 2050.

C. L.