Les Européens devront travailler plus longtemps

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Plusieurs grèves provoquées par des revendications variées mais ayant la particularité d'être fortement suivies par des protestataires très déterminés ont coïncidé mardi en France, Allemagne et Grande-Bretagne.
Plusieurs grèves provoquées par des revendications variées mais ayant la particularité d'être fortement suivies par des protestataires très déterminés ont coïncidé mardi en France, Allemagne et Grande-Bretagne. — Paul Ellis AFP

Mieux vaut prévenir que guérir. Les Français sauront bientôt combien ils toucheront pour leurs vieux jours. Deux décrets parus mardi détaillent le droit des futurs retraités à l'information sur leurs pensions. Cette disposition a été adoptée par la loi Fillon sur la réforme des retraites en 2003, pour que les salariés puissent se préparer en connaissance de cause. Car force est de constater que la durée de cotisation s'allonge (41 ans à partir de 2012), que l'âge du départ à la retraite ne change pas mais que celui de l'entrée sur le marché du travail recule, et que du coup le montant des pensions est loin d'être garanti.

Une situation qui concerne aussi nos voisins européens, confrontés au même défi démographique : l'allongement de la durée de vie et la baisse de la natalité après le baby-boom des années 1950. Un contexte aggravé par le niveau élevé du chômage, qui entraîne un manque à gagner direct pour la protection sociale. Même le système par capitalisation (fonds de pension) des Britanniques, souvent vanté comme la solution à la crise de notre système par répartition (les travailleurs paient pour les retraités), n'échappe pas au problème.

Pourtant, rares sont les pays à avoir pris ce dossier politiquement sensible par les cornes. Seule la Suède a eu le courage de bouleverser la structure de son système de retraite. Les autres ont préféré les ajustements aux réformes radicales, c'est-à-dire qu'ils se contentent surtout de reculer régulièrement l'âge de départ à la retraite. Dernier en date, le Danemark. Il a décidé hier de faire travailler les gens jusqu'à 67 ans. En France, le régime général est déjà déficitaire, malgré la réforme de 2003, et un rapport présenté en mars par le Conseil d'orientation des retraites évoque un besoin de financement de 18 milliards d'euros dès 2020. Il y a donc fort à parier que dès 2008, une nouvelle réforme sera nécessaire. En Allemagne, la décision a été prise en 1999 d'augmenter les cotisations. Une mesure insuffisante, qui a conduit à la baisse du niveau des pensions, les salariés étant encouragés à épargner pour la compenser.

Clémence Lemaistre et Angeline Benoit