A nouveau tributaire de l'Europe, Wall Street cherche du réconfort

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La Bourse de New York aborde les prochains jours avec appréhension, après une semaine tumultueuse marquée par le retour au premier plan de la crise grecque, espérant que les prochains indicateurs américains apporteront du réconfort.
La Bourse de New York aborde les prochains jours avec appréhension, après une semaine tumultueuse marquée par le retour au premier plan de la crise grecque, espérant que les prochains indicateurs américains apporteront du réconfort. — Spencer Platt afp.com

La Bourse de New York aborde les prochains jours avec appréhension, après une semaine tumultueuse marquée par le retour au premier plan de la crise grecque, espérant que les prochains indicateurs américains apporteront du réconfort.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a abandonné 1,67%, terminant vendredi à 12.820,60 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a cédé 0,76% à 2.933,82 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a lâché 0,76%, pour finir à 1,353.39 points.

Les investisseurs américains cherchent "un second souffle" après un début d'année tonitruant, a noté Gregori Volokhine, stratège chez Meeschaert. Or, "avec les obstacles en provenance d'Europe c'est très difficile".

Wall Street a débuté la semaine en net repli, soucieuse à propos de la situation en Europe après l'élection à la présidence française de François Hollande. Le socialiste s'était clairement prononcé en faveur d'une remise en cause des mesures d'austérités conclues cette hiver dans le Vieux Continent, ce qui faisait craindre aux investisseurs américains de nouvelles secousses.

La chancelière allemande Angela Mekel a rapidement donné le ton en affichant sa fermeté à l'égard des mesures d'assainissements budgétaires déjà prises. Dans ce contexte, sa rencontre mardi avec le nouveau président français va être décortiquée par les marchés américains.

"Cela va être un gros test", a dit M. Volokhine. "On va voir dans quelle direction va aller le (nouveau) couple franco-allemand", traditionnel moteur de l'Union européenne.

M. Hollande, qui est davantage porté sur "des mesures de croissance" que d'austérité, a présenté des "solutions discutables", ont estimé les analystes de Charles Schwab, craignant par ailleurs une situation "délicate" avec Mme Merkel.

Mais l'incertitude est surtout venue de Grèce. Après des élections législatives sans majorité, la semaine a été marquée par des négociations en vue de la formation d'un gouvernement de coalition, toutes infructueuses. Et Wall Street s'est remis à avoir des sueurs froides pour Athènes, craignant un défaut de paiement massif.

L'annonce vendredi soir de l'échec d'une ultime tentative a toutefois été accueillie plutôt positivement par les marchés américains.

Cela va permettre "d'avoir un éclaircissement sur la tenue des prochaines élections", vraisemblablement d'ici fin juin, a noté M. Volokhine. Reste que Wall Street continue à redouter que ce nouveau scrutin n'accouche "d'une remise en cause de tout ce qui a été négocié" entre Athènes et ses bailleurs de fonds, a remarqué le stratège.

Aux Etats-Unis, les investisseurs ont "passé une bonne partie de la semaine à analyser le rapport sur l'emploi publié vendredi dernier", a noté Lindsey Piegza, économiste chez FTN Financial.

Mais la principale information a surtout été la perte record enregistrée par JPMorgan Chase: 2 milliards de dollars dans des opérations de courtage. Considérée comme à l'abri de tels risques, la banque a expliqué que des "erreurs" avaient été commises, notamment dans la surveillance des opérations.

Bien que cet incident, le plus grave depuis la crise de 2008, ne fasse peser aucun danger structurel, selon les analystes, il a refroidi nettement l'ardeur du marché.

"Cela va pousser certaines banques à ralentir leurs opérations jusqu'aux prochains résultats trimestriels dans deux mois", ce qui va pénaliser le marché du crédit et donc la circulation de liquidités, a indiqué Frederic Dickson, de DA Davidson.

Mais pour beaucoup d'investisseurs américains, l'impact négatif était autre: "cela pourrait entraîner une plus grande régulation", donc "plus de contrôle du gouvernement sur les échanges, (ce qui) envoie un mauvais signal", a déclaré Mme Piegza.

Dans ce climat, Wall Street cherchera du soutien du côté des indicateurs américains: les ventes au détail et le taux d'inflation pour avril, mardi, suivies mercredi par les mises en chantier et la production industrielle, et jeudi par l'indice d'activité industrielle dans la région de Philadelphie.

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