Déroutée par la Grèce, la Bourse de Paris renoue avec la crise en Europe

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La Bourse de Paris a replongé cette semaine dans la crise de la dette en zone euro, une rechute déclenchée par l'incertitude politique en Grèce, un thème qui sera suivi de près par les investisseurs dans les prochains jours, notamment avec plusieurs rencontres politiques en Europe.
La Bourse de Paris a replongé cette semaine dans la crise de la dette en zone euro, une rechute déclenchée par l'incertitude politique en Grèce, un thème qui sera suivi de près par les investisseurs dans les prochains jours, notamment avec plusieurs rencontres politiques en Europe. — Eric Piermont afp.com

La Bourse de Paris a replongé cette semaine dans la crise de la dette en zone euro, une rechute déclenchée par l'incertitude politique en Grèce, un thème qui sera suivi de près par les investisseurs dans les prochains jours, notamment avec plusieurs rencontres politiques en Europe.

Sur la semaine écoulée, le CAC 40 a perdu 1,02% pour terminer à 3.129,77 points. Depuis le début de l'année, il est en recul de 0,95%.

L'indice vedette parisien a signé un fort repli mardi, avant de toucher jeudi son plus bas niveau de l'année en séance (3.073,38 points).

La semaine avait pourtant bien démarré lundi, au lendemain de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle en France et des élections en Grèce.

C'est finalement le scrutin grec et l'incapacité du pays à trouver un gouvernement qui a rattrapé le marché, lequel "est très pessimiste sur la capacité de la Grèce à trouver une solution", prévient Alexandre Baradez, analyste chez Saxo Banque.

Cette situation, qui rend les marchés très volatils, devrait être au centre des discussions d'un Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro lundi à Bruxelles.

Ils "vont probablement augmenter la pression pour que la Grèce continue les mesures d'austérité et structurelles", notent les économistes du bancassureur néerlandais ING.

De son côté, Roger Polani, directeur de la gestion collective à la SPGP estime que "si la Grèce sort de l'euro, alors on est dans quelques chose qu'on ne sait pas gérer et ça va créer de fortes secousses. Mais cela ne devrait pas conduire à une forte baisse du marché de type -10%".

Inquiétude pour l'Espagne

La Grèce n'est pas la seule à inquiéter les marchés, puisque l'Espagne a proposé une nouvelle réforme du secteur bancaire et a en partie nationalisé la troisième banque cotée du pays Bankia. Le taux d'emprunt à 10 ans est même repassé au-dessus des 6% dans la semaine.

"Plus que l'Italie, l'Espagne est après la Grèce le problème suivant pour l'Europe", pour M. Baradez.

Les banques seront en ligne de mire la semaine prochaine, puisque l'agence de notation Moody's s'était donnée trois mois le 16 février pour éventuellement abaisser la note des grandes banques européennes, y compris françaises.

Par ailleurs, plusieurs pays vont réaliser des emprunts sur le marché, notamment l'Espagne, l'Italie et la France pour ce qui sera mercredi le premier test important de l'ère Hollande.

Ce vif regain de tensions intervient au moment même où le débat sur la relance économique prend de l'ampleur en Europe.

François Hollande, qui sera investi mardi avant de présenter son gouvernement mercredi, veut rouvrir les négociations sur le pacte européen de discipline budgétaire pour y ajouter des mesures de croissance, ce à quoi l'Allemagne s'oppose fermement.

Mardi marquera d'ailleurs la première rencontre entre François Hollande et Angela Merkel, qui se retrouvent à Berlin.

Le débat sur la croissance prendra d'autant plus d'importance que la semaine prochaine seront publiés les chiffres du produit intérieur brut (PIB) en zone euro.

Comme souvent en phase aiguë de crise en Europe, l'actualité aux Etats-Unis pourrait continuer à passer au second plan, malgré quelques statistiques au programme, qui sont susceptibles de confirmer la reprise américaine.

Au programme figurent des indicateurs sur l'immobilier, l'industrie et l'activité économique, sans compter les minutes de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Il n'y a rien de très bon ou de très mauvais à attendre des chiffres américains, qui ne devraient pas suffire à faire monter le marché dans les prochains jours", temporise M. Polani.

Euronext (CAC 40)