Être un homme salarié, c'est pas si facile

TRAVAIL Une enquête libère la parole masculine sur l'égalité...

Céline Boff

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Illustration bébé et biberon.
Illustration bébé et biberon. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

En matière d'égalité professionnelle, les femmes sont toujours au cœur des débats. Mais qu'en est-il des hommes? Comment vivent-ils les dernières évolutions et surtout, les normes très masculines associées au monde du travail ? C'est la question qu'a posée l'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) à vingt cadres et dirigeants. Résultat: ce n'est pas facile pour eux non plus.

Les femmes, ces concurrentes

«Les hommes sont également prisonniers de stéréotypes», affirme Brigitte Grésy, coauteur du rapport. Comme celui de devoir être un gagnant ou de ne pas pouvoir montrer ses failles. Et si les hommes interrogés louent les qualités des femmes au travail, ils les ressentent aussi comme des concurrentes… peut-être déloyales. Surtout avec l'instauration des quotas. Mais des marges de progression existent. A fortiori en France où, lorsque l'on est homme et cadre, quitter le travail avant 19 h ou prendre un congé paternité est trop souvent assimilé à un manque d'ambition ou d'implication. Contrairement à l'Allemagne, où rester tard au boulot est une preuve de désorganisation. Ou à la Norvège, où un homme – même ministre – qui ne pose pas son congé paternité est tout simplement un mauvais citoyen.

Reste à évaluer l'impact d'une «démasculinisation» en termes d'organisation et de résultats pour l'entreprise. Et de bien-être pour les salariés hommes, car ils ne trouvent pas toujours leur place dans la sphère privée. Il y a ce cadre qui raconte comment il a dû batailler avec sa femme pour pouvoir accompagner sa fille dans une sortie extrascolaire… Ou cet autre qui explique l'incompréhension de sa compagne face à sa volonté de ne pas vouloir de promotion. Alors que les grands groupes ont tous instauré des cercles de discussions sur l'égalité – et qu'ils sont réservés aux femmes –, les hommes se sentent exclus, comme ce cadre de chez PSA Peugeot Citroën, qui insiste: «J'aimerais moi aussi être écouté sur ces questions.»