Les syndicats de Carrefour envisagent le pire

SOCIAL Des rumeurs de suppressions d'emplois inquiètent les salariés...

Delphine Bancaud

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Une enseigne Carrefour en avril 2011.
Une enseigne Carrefour en avril 2011. — SOLAL/SIPA

L'ambiance risque d'être tendue ce jeudi, au comité de groupe de Carrefour. Le nouveau PDG du distributeur, Georges Plassat, doit rencontrer les syndicats. Et ce, alors que plusieurs d'entre eux, redoutent des suppressions de postes au sein du groupe. «Une convergence d'informations provenant de cadres de l'entreprise et de sources extérieures nous font croire qu'entre 3 000 et 5 000 postes pourraient disparaître chez Carrefour, principalement dans les hypermarchés», indique à 20 Minutes, Michel Enguelz, délégué national Force ouvrière.

Le modèle des hypers en déroute

Un avis partagé par Serge Corfa, délégué national CFDT : «Carrefour compte sur son turnover pour ne pas procéder à des licenciements secs», avance-t-il. Le syndicaliste est particulièrement inquiet «pour les salariés travaillant dans les rayons dits EPCS (électronique, photo ciné et son) et les espaces téléphonie mobile des hypermarchés», que Carrefour pourrait décider d'abandonner.

Contactée par 20 Minutes, la direction du groupe refuse, pour l'heure, tout commentaire. La réunion de jeudi devrait être l'occasion pour elle de dresser un état des lieux de ses activités en France. Et les nouvelles risquent de ne pas être réjouissantes, car la part de marché des enseignes du groupe a connu une nouvelle baisse entre le 19 mars et le 15 avril dans l'Hexagone, selon le magazine spécialisé dans la distribution LSA. «Depuis plusieurs années, le modèle hypermarché est mis à mal, notamment chez Carrefour», confirme Olivier Trouvé, associé spécialisé dans la distribution chez Kurt Salmon. «Ceux de Carrefour ne sont ni les moins chers, ni les plus proches», confirme un autre expert de la distribution qui préfère rester anonyme. «Par ailleurs, ils ne sont pas compétitifs sur certains produits non alimentaires et leur marque distributeur, bien qu'ayant une image de qualité, n'est pas très attractive question prix.» Une situation aggravée encore par la crise et la perte de pouvoir d'achat des Français.