Monti coalise les «bonnes volontés» pour une croissance «compatible» avec l'austérité

CRISE Le chef du gouvernement italien se prépare à un intense débat sur la croissance...

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Le chef du gouvernement italien Mario Monti s'est proposé mercredi à Florence de coaliser les "bonnes volontés" pour que l'Europe mette au point des mesures favorisant une croissance "compatible" avec les engagements de rigueur budgétaire chers à l'Allemagne
Le chef du gouvernement italien Mario Monti s'est proposé mercredi à Florence de coaliser les "bonnes volontés" pour que l'Europe mette au point des mesures favorisant une croissance "compatible" avec les engagements de rigueur budgétaire chers à l'Allemagne — Andreas Solaro afp.com

Le chef du gouvernement italien Mario Monti s'est proposé mercredi à Florence de coaliser les "bonnes volontés" pour que l'Europe mette au point des mesures favorisant une croissance "compatible" avec les engagements de rigueur budgétaire chers à l'Allemagne.

Lors d'un colloque à l'occasion des 62 ans de la Déclaration Schuman sur l'Europe (Fête de l'Europe),  Monti a souligné que "l'insistance et la chaleur accrues avec lesquelles (le président élu en France) François Hollande" demande des mesures pour la croissance "rencontrent l'assentiment de l'Italie".

"Il y a un débat qui va être assez intense dans les prochains jours" sur la croissance alors que l'Europe est agitée par des "turbulences" depuis la victoire dimanche de M. Hollande et les élections législatives en Grèce, a-t-il ajouté.

L'ex-commissaire européen, qui a succédé il y a six mois à Silvio Berlusconi, a toutefois aussi appelé M. Hollande à "confirmer les engagements de discipline budgétaire" de la France.

Au même moment, la chancelière allemande Angela Merkel demandait depuis Berlin que "chacun s'en tienne à ce qui a été décidé", en rappelant que "25 pays ont signé le pacte budgétaire" qui prévoit de limiter les déficits publics structurels à 0,5%.

De son côté, le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy a promis que l'Espagne continuera de "soutenir le traité budgétaire" car "les mesures de réduction des déficits sont une bonne politique".

Sous la pression d'une opinion publique inquiète des effets de la crise et des mesures d'austérité, le socialiste François Hollande réclame une renégociation de ce traité pour y ajouter un volet sur la croissance et la création d'emploi.

Appelant l'UE à une "coalition des bonnes volontés", en vue de la réunion extraordinaire des dirigeants européens prévue le 23 mai à Bruxelles, M. Monti s'est en quelque sorte posé en médiateur.

La chancelière allemande "ne doit pas avoir peur que l'Italie puisse faire des propositions qui irait contre ses principes" de discipline budgétaire, a-t-il lancé, en rappelant que l'Italie s'est engagée à atteindre l'équilibre budgétaire d'ici la fin 2013, un an avant la plupart des autres pays européens.

L'Italie "essaie de trouver pour l'Europe des chemins qui puissent mener à plus de croissance sans sacrifier des principes chers aux Allemands et à moi-même", a assuré M. Monti, qui réfléchit à des idées "compatibles avec la discipline budgétaire".

M. Monti a par exemple réitéré sa proposition de nouvelles règles de calcul des déficits ne comptabilisant pas les investissements publics stratégiques. Il a évoqué la suspension du calcul "pendant trois ans pour les investissements dans (l'internet à) haut débit ou l'agenda numérique", c'est à dire l'informatisation des administrations.

Comme M. Monti, les commissaires européens Olli Rehn et Michel Barnier ont jugé nécessaire de "trouver un équilibre" entre croissance et discipline budgétaire, lors du colloque de Florence organisé par l'Institut universitaire européen.

"L'Europe est à un tournant important: il faut à la fois maintenir le cap en matière de stabilisation économique et renforcer les mesures pour une croissance durable et la création d'emploi", a déclaré M. Rehn, commissaire aux affaires économiques et vice-président de la Commission européenne.

"Il y a une inquiétude, parfois de la colère, une fracture qui s'est créée entre les élites, les dirigeants et les peuples. Il est très difficile de trouver un bon équilibre", a déclaré de son côté à l'AFP le commissaire au marché unique et aux services Michel Barnier.