Rémunération des patrons du CAC 40: La crise n'épargne personne

ENTREPRISE Les dirigeants du CAC 40 n'étaient finalement pas si protégés par le «président des riches». Si leurs rémunérations fixes n'ont toujours aucun rapport avec les réalités de la vie quotidienne, elles sont tout de même en baisse...

Bertrand de Volontat

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Bernard Arnault, PDG de LVMH, a exercé ses stock-options avant le 1er janvier.
 
Bernard Arnault, PDG de LVMH, a exercé ses stock-options avant le 1er janvier.   — MEIGNEUX/SIPA

Les actionnaires et l’opinion publique comme politique ont beau se dresser contre des rémunérations qu’ils jugent anormales, les PDG du CAC 40 auront tout de même récolté 96,822 millions d’euros en 2011, soit 2,4 millions d’euros par tête. Une baisse d’1,5% sur un an, mais une traversée de crise plutôt convenable.

>> Retrouvez notre diaporama des dix patrons les mieux payés du CAC 40

Les banques, véritables victimes du climat économique

La première place de ce classement réalisé par le quotidien économique Les Echos revient au PDG de LVMH, Bernard Arnault avec 4,43 millions d’euros de rémunération fixe et variable, en hausse de 13%, à contre-courant de l’ambiance générale de l’indice boursier. Cette dernière est le reflet d’une très bonne année pour le groupe dont les bénéfices ont augmenté de 34%.

Là où la baisse se fait réellement sentir, c’est au niveau des banques. La rémunération du DG de Crédit agricole est en chute de 18%, de 19% pour Baudoin Prot chez BNP Paribas. Frédéric Oudéa PDG de la Société générale enregistre 13% de baisse sur le total, mais -43% sur sa seule rémunération variable. 

Les trois opérateurs téléphoniques seront-ils les prochains sur la liste du fait de l’arrivée de Free? Pour 2011, seul Stéphane Richard, le PDG de France Télécom voit rouge, à -5%. Vivendi et Bouygues se maintiennent.

Pas de variable chez PSA

La chute la plus spectaculaire est à mettre au compte de Philippe Varin avec -60% chez PSA, qui a refusé sa rémunération variable cette année. A l’extrême opposé chez Renault, Carlos Ghosn remonte à +136% cette année, après avoir également renoncé à son variable l’an passé.

La surprise vient de la part de Carlo Bozotti, PDG de STMicroelectronics qui enregistre une poussée de son salaire de +91%, à 1,927 million d’euros en 2011.

Pour ces groupes cotés, il est de plus en plus difficile de réaliser de la croissance et donc de mener les cours boursiers vers le haut. La disparition progressive des stock-options (à l’image de L’Oréal) et les yoyos réalisés par les cours des actions des uns et des autres, au gré de la crise, pèsent sur les résultats et les rémunérations de ces sociétés. Bien qu'au final, seul quatre patrons sur 10 ont vu leur rémunération reculer.