L'Irlande applaudit à l'idée de croissance, après les votes français et grec

EUROPE Le pays doit voter pour ou contre le pacte de discipline budgétaire européen le 31 mai...

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La victoire en France de François Hollande, partisan de l'ajout de mesures de relance dans le pacte européen, et le vote grec contre l'austérité donnent des arguments aux nombreux Irlandais qui réclament plus de croissance et moins de rigueur dans leur pays.
La victoire en France de François Hollande, partisan de l'ajout de mesures de relance dans le pacte européen, et le vote grec contre l'austérité donnent des arguments aux nombreux Irlandais qui réclament plus de croissance et moins de rigueur dans leur pays. — Peter Muhly afp.com

La victoire en France de François Hollande, partisan de l'ajout de mesures de relance dans le pacte européen, et le vote grec contre l'austérité donnent des arguments aux nombreux Irlandais qui réclament plus de croissance et moins de rigueur dans leur pays.

L'Irlande, sous perfusion de l'UE et du FMI, a bénéficié d'un prêt de 85 milliards d'euros en novembre 2010, et a jusqu'à présent honoré ses engagements, avec plusieurs tours de vis douloureux sur les salaires et les dépenses publiques.

Le pays doit voter pour ou contre le pacte de discipline budgétaire européen le 31 mai et un vote négatif enverrait une onde de choc en Europe, même si elle ne remettrait pas en cause le traité signé le 2 mars à Bruxelles par 25 pays membres de l'Union européenne sur 27.

Pour la première fois depuis des années, les syndicats irlandais n'ont pas donné de consigne de vote pour le référendum. Leur confédération (Irish Congress of Trade Unions ou ICTU) a laissé libre de leur choix ses 55 syndicats et 600.000 membres, alors qu'elle avait soutenu les traités européens ces vingt dernières années.

«L'austérité n'a pas marché et ne marchera pas, et beaucoup l'ont compris. Le vent tourne en Europe et nous commençons à voir l'émergence d'un nouvel ordre du jour en faveur de la croissance et des emplois», avait expliqué le 1er mai David Begg, secrétaire général d'ICTU.

«Cet ordre du jour doit se refléter en Irlande (...) nous avons besoin de donner du travail aux gens et de leur rendre de l'espoir», a-t-il martelé.

Le gouvernement irlandais lui-même défend désormais un ordre du jour européen davantage tourné vers la croissance, tout en maintenant le cap de la rigueur.

«Nous avons maintenant un gouvernement en Irlande qui veut la croissance économique et nous avons un nouvel ami en Europe qui va vouloir la même chose en Europe», s'était félicité le ministre irlandais des Affaires étrangères, Eamon Gilmore, travailliste et numéro deux du gouvernement, venu dimanche à Paris féliciter les socialistes.

Mais il a aussi exclu tout report du référendum, de peur d'effrayer les investisseurs et réaffirmé la nécessité de réduire les déficits.

«L'Irlande ne veut pas être comme la Grèce. C'est pourquoi nous devons poursuivre dans notre stratégie, qui est basée sur l'investissement, la croissance et la confiance qui va avec», a-t-il souligné.

L'Irlande risque gros en cas de non au nouveau pacte: elle perdrait le droit d'obtenir des prêts de l'Union européenne.

Le quotidien The Irish Times estime que l'élection de François Hollande en France «a ouvert une voie qui pourrait transformer la politique européenne».

Mais le journal juge que l'Irlande «sera en meilleure posture pour rechercher des solutions de ce type, avec les autres membres de l'Union européenne, en restant dans le cadre du régime qui est en train d'être mis en place»

Pour Brigid Laffan, professeur en sciences politiques à University College Dublin, «tout ce qui apporte de la croissance à l'ordre du jour européen est une bonne chose».

Mais «s'il y a un recadrage sur ces questions, cela ne signifie pas qu'il n'y aura plus d'austérité», indique-t-elle à l'AFP. «Tout corps électoral qui pense qu'il n'y aura pas besoin de réduire le déficit budgétaire dans les dix ans qui viennent se trompe.»

Selon un sondage du 29 avril, le oui arriverait en tête en Irlande lors du référendum avec 47% des voix contre 35% de non, mais il reste une forte proportion d'indécis (18%).