L'UE et les marchés s'inquiètent du chaos grec

GRECE Le leader de la gauche radicale qui tente de former le nouveau gouvernement exclut ne compte pas se plier aux plans européens de sauvetage...

Lucie Romano

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Le président grec Karolos Papoulias et le chef de file de Syriza (gauche radicale) Alexis Tsipras, le 8 mai 2012 à Athènes.
Le président grec Karolos Papoulias et le chef de file de Syriza (gauche radicale) Alexis Tsipras, le 8 mai 2012 à Athènes. — Kostas Tsironis/AP/SIPA

Athènes provoque l’inquiétude des marchés. Mardi, l’euro est tombé à moins de 1,30 dollar. Et la Bourse de Paris a perdu 2,78 %. La raison de cette dégringolade: Alexis Tsipras.

Le chef de file de Syriza (gauche radicale) s’est vu confier mardi la tâche de constituer un gouvernement de coalition.Arrivé à la surprise générale deuxième des législatives anticipées de dimanche, il a estimé mardi que la Grèce excluait de se plier aux plans européens de sauvetage. De quoi inquiéter Bruxelles qui, à l’occasion de son deuxième plan d’aide, a avancé 130 milliards d’euros au pays.

Nouvelles élections en juin ?

Sur le plan politique, Alexis Tsipras, 37 ans et plus jeune chef de parti, peine à rassembler. Hostile au plan de sauvetage européen, il exclut de gouverner avec les deux ex-grands partis Nouvelle Démocratie (conservateurs) et

Pasok (socialistes) qui, eux, avaient accepté la cure d’austérité – et l’ont payé dans les urnes, en n’obtenant pas une majorité de sièges au Parlement.

Il ne peut pas compter non plus sur une association des petits partis anti-austérité – qui réunissent 151 sièges, soit la majorité absolue – car cela voudrait dire gouverner avec l’extrême droite Aube dorée, ce qu’il refuse catégoriquement.

Les conditions posées par Alexis Tsipras, devenu leader de la deuxième force politique du pays, sont en effet drastiques : «La Grèce n’est plus liée par ses engagements envers l’Union européenne et le Fonds monétaire international », a-t-il déclaré. Il a aussi appelé à «placer les banques sous le contrôle de l’Etat» et souhaité «qu’une commission internationale enquête sur le caractère légal de la dette publique grecque». Reste une dernière option : si Syriza échoue, le leader du Pasok, désormais troisième force, pourrait tenter de former le gouvernement. En cas d’échec, de nouvelles législatives se tiendraient en juin.