L'industrie allemande a profité d'un effet de rattrapage en mars

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La production industrielle en Allemagne a été plus dynamique que prévu en mars, grâce notamment à un effet de rattrapage par rapport à un mois de février très froid, ce qui tempérait l'optimisme des économistes.
La production industrielle en Allemagne a été plus dynamique que prévu en mars, grâce notamment à un effet de rattrapage par rapport à un mois de février très froid, ce qui tempérait l'optimisme des économistes. — John Macdougall afp.com

La production industrielle en Allemagne a été plus dynamique que prévu en mars, grâce notamment à un effet de rattrapage par rapport à un mois de février très froid, ce qui tempérait l'optimisme des économistes.

La croissance de la production industrielle en mars, de 2,8% sur un mois selon les données publiées mardi par le ministère de l'Economie, a largement dépassé les prévisions des analystes du consensus de Dow Jones Newswires: ils s'attendaient en moyenne à une hausse de 1%.

Le recul de la production industrielle de février s'est par ailleurs avéré nettement moins important que prévu (-0,3% selon un chiffre définitif, contre -1,3% selon un chiffre provisoire publié début avril), a détaillé un communiqué.

En mars, sans surprise, c'est l'activité du secteur de la construction qui a signé la plus forte progression (+30,7% sur un mois): elle avait chuté de 16,9% à cause du froid en février.

Mais la production de biens de consommation a également fait un bon score (+3%), tout comme la production de biens d'investissement (+2%). La production de biens intermédiaires a augmenté plus modérément (+0,3%).

Sur la période de deux mois février/mars par rapport à décembre/janvier, une comparaison qui permet de mieux lisser les variations calendaires et saisonnières, la production industrielle allemande a augmenté de 1,7%.

Le ministère de l'Economie a souligné que les chiffres de mars étaient dus à un "effet de rattrapage" certain par rapport à février, mais pas seulement: "L'activité industrielle reprend du rythme, et les perspectives pour la conjoncture de l'industrie se sont sensiblement améliorées", a-t-il estimé.

Grâce au secteur industriel, qui représente directement "un quart" du Produit intérieur brut allemand, "un fort recul du PIB au premier trimestre est ainsi exclu", s'est félicité Christian Schulz de la banque privée Berenberg.

La production industrielle allemande a stagné au premier trimestre par rapport au quatrième trimestre 2011, mais elle a légèrement augmenté si l'on ne tient pas compte du secteur du bâtiment, a-t-il souligné.

Une première évaluation du PIB allemand au premier trimestre doit être publiée le 15 mai. Au vu des derniers chiffres de la production, la plupart des économistes pensent que l'Allemagne devrait connaître une légère croissance au premier trimestre et donc éviter la récession technique, caractérisée par deux trimestres de baisse à la suite.

Cependant "la perspective à long terme est plus sombre", met en garde Chris Williamson de l'institut Markit, rappelant notamment que l'activité du secteur manufacturier allemand (indice PMI) a fortement baissé en avril, notamment en raison de la faible demande dans les pays fragilisés de la zone euro.

"Il serait prématuré de croire que l'Allemagne est capable de maintenir de forts taux de croissance alors que le reste de la zone euro s'affaiblit" a renchéri Carsten Brzeski d'ING.

Ainsi, si les commandes industrielles en Allemagne en mars ont affiché une hausse plus forte que prévu (+2,2% sur un mois), c'est qu'elles ont été dopées par les commandes venues de pays n'appartenant pas à la zone euro. Les observateurs se demandent combien de temps encore l'économie allemande pourra se passer de la zone euro.