Les grandes manoeuvres s'accélèrent en Europe pour tenter de stimuler la croissance avec une réunion des dirigeants de l'UE annoncée pour le 23 mai à Bruxelles, la première du nouveau président français François Hollande, au moment où la grogne enfle contre l'austérité
Les grandes manoeuvres s'accélèrent en Europe pour tenter de stimuler la croissance avec une réunion des dirigeants de l'UE annoncée pour le 23 mai à Bruxelles, la première du nouveau président français François Hollande, au moment où la grogne enfle contre l'austérité — Daniel Mihailescu afp.com

Économie

Les Européens prennent rendez-vous le 23 mai pour parler croissance

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Les grandes manoeuvres s'accélèrent en Europe pour tenter de stimuler la croissance avec une réunion des dirigeants de l'UE annoncée pour le 23 mai à Bruxelles, la première du nouveau président français François Hollande, au moment où la grogne enfle contre l'austérité.

La tenue d'un dîner informel de chefs d'Etat et de gouvernement des 27 a été annoncée mardi par le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy.

Lors de cette réunion extraordinaire, les dirigeants européens pourraient aussi se pencher sur le cas de la Grèce, menacée de paralysie politique, à tel point que le scénario de sortie du pays de la zone euro refait surface.

Suite à la poussée des partis extrémistes anti-austérité lors des législatives de dimanche, le pays ne parvient pas à former un gouvernement, ce qui pourrait remettre en cause le plan d'aide dont il a bénéficié il y a quelques mois pour éviter la faillite.

Sur le papier, l'objectif du sommet du 23 mai reste la croissance, devenue la priorité depuis que le socialiste François Hollande a relancé le débat lors de sa campagne électorale en France. Il s'agira de déminer le terrain, notamment entre Paris et Berlin, avant un sommet européen prévu de longue date et qui se tiendra les 28 et 29 juin à Bruxelles.

Les discussions s'annoncent compliquées car si les appels en faveur de la croissance se multiplient, ils masquent des divergences importantes.

Berlin prône des réformes structurelles pour stimuler la croissance mais exclut toute relance par la demande, comme le suggère M. Hollande qui a été élu dimanche nouveau président de la République française.

La chancelière allemande Angela Merkel rencontrera M. Hollande le 16 mai, au lendemain de sa prise de fonction, pour tenter de rapprocher les points de vue. Elle est prête à discuter d'une initiative européenne de croissance mais refuse une renégociation du pacte budgétaire.

"Il nous appartient de prendre les décisions nécessaires pour l'Union européenne et la zone euro, afin de préparer nos sociétés à l'avenir et assurer ou renforcer leur prospérité", a affirmé mardi Angela Merkel dans un message adressé à François Hollande.

L'Allemagne cherche à préserver la dynamique qu'elle avait impulsée avec la France au plus fort de la crise de la dette et qui a permis d'imposer partout en Europe la nécessité de la rigueur budgétaire. Mais le tandem Merkel-Hollande risque d'avoir besoin de temps pour prendre ses marques.

Deux personnalités françaises proches de François Hollande, le directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, et l'ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Jacques Attali, ont pour leur part estimé que "la survie de la zone euro passe par un gouvernement économique et un budget européen de croissance".

La Commission européenne cherche pendant ce temps à revenir au centre du jeu sur ces questions en surfant sur la "vague" Hollande.

Son président José Manuel Barroso a exhorté mardi les gouvernements des 27 à mettre en oeuvre les propositions mises sur la table par la Commission et qui sont jusqu'ici restées lettre morte.

"Je suis extrêmement satisfait d'observer qu'il y a un nouvel élan qui est clairement en train d'apparaître parmi nos Etats membres (de l'Union européenne) pour redémarrer le moteur en panne de la croissance européenne", a-t-il déclaré.

Parmi les propositions de la Commission, figurent la mise en place d'emprunts européens mutualisés, l'augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement (BEI) et le lancement d'une taxe sur les transactions financières dont une partie des recettes alimenteraient le budget de l'UE.

Autant de propositions reprises à son compte par le nouveau président français et qui séduisent de plus en plus en Europe, même dans les pays prônant la rigueur budgétaire comme le Luxembourg.

Avec M. Hollande, "nous plaidons pour une utilisation plus importante des moyens structurels et pour une augmentation du capital de la BEI, a aussi déclaré mardi le Premier Jean-Claude Juncker.