Présidentielle: Les grands rendez-vous économiques qui attendent François Hollande

PRESIDENTIELLE François Hollande n’aura pas de temps à perdre en ce début de mandat…

Bertrand de Volontat

— 

François Hollande lors de la première conférence de presse de sa campagne, le 25 avril 2012.
François Hollande lors de la première conférence de presse de sa campagne, le 25 avril 2012. — REUTERS/J. Naegelen

A peine ses fonctions de président prises, la situation de crise actuelle obligera François Hollande à accorder une place importante à son agenda économique.

Plongeon immédiat dans le bain économique

La passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande annoncée pour le 15 mai, son premier rendez-vous sera le conseil des ministres le 16 mai, rendez-vous durant lequel doit être discutée la réduction de 30% de la rémunération du chef de l’Etat et des membres du gouvernement.

Le même jour, la France doit lever 12 milliards d’euros sur les marchés à moyen et long termes. L’occasion de juger l’impact de son arrivée sur les taux d’emprunt et le spread. Il envisage comme mesure prioritaire durant sa première quinzaine à la tête de l’Etat de bloquer pour trois mois les prix des carburants afin d’endiguer l’envolée des tarifs.

Les premiers textes internationaux en juin

La scène internationale, ça sera dès le 18 mai, avec le G8 à Camp David. Sûrement l’opportunité d’une première photographie officielle avec Barack Obama et Vladimir Poutine.

Le temps de laisser passer les législatives et de former éventuellement un nouveau gouvernement en fonction de la majorité parlementaire, François Hollande s’envolera pour le G20 qui se tiendra les 18 et 19 juin à Los Cabos, au Mexique, en compagnie des plus grands chefs d’Etats mondiaux qu'il retrouvera après le G8 du mois de mai. 

Il enchaînera dix jours après avec le Conseil européen à Bruxelles où il rencontrera les dirigeants européens avec lesquels il ambitionne de renégocier le pacte de stabilité européen.

Puis retour en France avec un mois chargé. Outre ses obligations internationales, il prévoit de mettre en œuvre par décret avant le 29 juin le droit de partir à la retraite à 60 ans. Le nouveau président a également demandé un audit des finances publiques de 2012 à la Cour des comptes, afin d’être fixé sur l’état réel du budget de l’Etat.

Juillet placé sous le signe des grands chantiers français

Fiscalité, croissance, emploi. La réforme fiscale sera présentée en Conseil des ministres aussitôt les élections législatives passées, et votée avant la fin de la session extraordinaire au Parlement, le 2 août. Ce projet de loi de Finances rectificative rassemblera la majorité des mesures fiscales annoncées pendant la campagne, qu'elles concernent les ménages ou les entreprises. Il tirera aussi les conséquences de l'audit devant être mené par la Cour des comptes.

Puis viendra un moment important pour le nouveau président, à savoir la conférence nationale pour la croissance et l'emploi avec les partenaires sociaux. Seront abordés les thèmes de l'emploi, des jeunes et des seniors, la formation professionnelle, la lutte contre la précarité, l'égalité hommes-femmes et le SMIC.

Enfin, la loi sur la séparation des activités bancaires au Parlement sera votée. François Hollande entend passer cette loi qui oblige à séparer les crédits des opérations spéculatives.

Un calendrier des plus variés économiquement pour le socialiste qui devrait gérer la pression de la communauté internationale, celle des marchés et celle des Français dont les attentes sont immenses, notamment sur les questions d’emploi et de relance de l’économie française.