L'euro et les marchés baissent en Asie après les élections en Europe

MARCHES Les investisseurs craignent une remise en cause de l'austérité européenne face à la crise de la dette...

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L'euro et les Bourses asiatiques ont reculé lundi à cause des défaites des partis au pouvoir aux élections française et grecque, les investisseurs craignant une remise en cause de l'austérité européenne face à la crise de la dette.
L'euro et les Bourses asiatiques ont reculé lundi à cause des défaites des partis au pouvoir aux élections française et grecque, les investisseurs craignant une remise en cause de l'austérité européenne face à la crise de la dette. — Laurent Fievet afp.com

L'euro et les Bourses asiatiques ont reculé lundi à cause des défaites des partis au pouvoir aux élections française et grecque, les investisseurs craignant une remise en cause de l'austérité européenne face à la crise de la dette.

Peu après 08h00, l'euro cotait 1,2993 dollar, contre 1,3082 dollar vendredi à 23h00 à New York. Il a chuté jusqu'à 1,2954 dollar, son plus bas niveau depuis la fin janvier, avant de rebondir légèrement.

Face à la devise nippone, la monnaie unique européenne est tombée brièvement à 103,22 yens, au plus bas depuis la mi-février, avant de se reprendre quelque peu, cotant 103,68 yens vers 08H00.

Les places financières asiatiques et océaniennes ont évolué dans le rouge toute la journée. La Bourse de Tokyo a clôturé en fort repli de 2,78%, Sydney a perdu 2,19% et Séoul 1,64%. Peu avant 08H30, Hong Kong dévissait de 2,64%, Singapour de 2,21% et Bombay de 1,69%, tandis que Shanghai se repliait plus modérément, de 0,50%.

Les investisseurs semblaient craindre pour l'avenir des mesures d'austérité instaurées en Europe ces derniers mois afin de lutter contre une crise d'endettement inédite.

En France, François Hollande est devenu dimanche le premier président socialiste depuis 17 ans lors d'un vote-sanction contre le sortant conservateur Nicolas Sarkozy. Il a appelé de ses voeux une réorientation de la politique européenne en faveur de la croissance.

L'élection de M. Hollande entraîne "des risques de tension dans la relation franco-allemande", a estimé Hiromichi Shirakawa, de la banque Crédit Suisse, soulignant que le nouveau pouvoir socialiste en France pourrait exiger une implication accrue de la Banque centrale européenne face à la crise.

"Si l'Allemagne est clairement isolée, des doutes surgiront quant à l'avenir de la zone euro et certains risquent d'arrêter d'investir dans l'euro, au moins temporairement", a-t-il ajouté.

En Grèce, point de départ de la crise budgétaire qui a semé la panique, l'austérité menée depuis deux ans sous la pression des bailleurs de fonds internationaux du pays a été massivement rejetée par les électeurs qui ont laminé les deux partis pro-européens tenants de la rigueur.

Les partis opposés à un accroissement de l'austérité, de la gauche radicale aux néo-nazis, ont raflé la moitié des sièges au parlement.

"Les élections en Grèce pourraient entraîner le plus d'instabilité (...). Il ne semble pas y avoir de vainqueur clair, mais il y aura des appels à apaiser les réformes d'austérité. Cela aura des conséquences négatives pour l'euro si l'Allemagne garde dans le même temps son credo rigoriste", a souligné la National Australia Bank.

Nombre d'investisseurs pourraient rester prudents tant que les nouveaux contours de la politique financière européenne n'auront été dessinés.

Luca Jellinek, du Crédit Agricole, ne s'attend pas à une hausse brutale des taux d'intérêt des bons du Trésor français, "car Hollande était en tête des sondages depuis longtemps" et son élection a été en partie anticipée.

Le taux des bons français à dix ans a ouvert stable lors des premiers échanges sur le marché obligataire.

"Les obligations d'Etat grecques sont échangées de leur côté à des niveaux équivalents au défaut de paiement, donc les élections dans ce pays ne devraient pas avoir d'impact important sur ces titres. Le point important sera plutôt de voir si l'instabilité politique grecque entraîne des tensions sur les obligations d'autres pays européens périphériques", a ajouté M. Jellinek.

Les opérateurs vont guetter toute menace réelle ou perçue sur les plans draconiens de réduction des déficits annoncés ces derniers mois dans plusieurs pays de la zone euro.

La remontée des craintes pour l'Europe et de mauvais chiffres de l'emploi aux Etats-Unis ont par ailleurs entraîné un recul des cours du pétrole brut: le baril de "light sweet crude" perdait lundi 1,45 dollar à 97,04 dollars dans les échanges de mi-journée en Asie, tandis que le Brent de la mer du Nord diminuait de 66 cents à 112,52 dollars.