UE: La discipline budgétaire ne doit pas entraver la croissance

CRISE La discipline budgétaire en Europe doit être appliquée avec discernement en fonction de la situation économique de chaque pays...

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La discipline budgétaire en Europe doit être appliquée avec discernement en fonction de la situation économique de chaque pays afin de ne pas entraver la croissance, a affirmé samedi le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.
La discipline budgétaire en Europe doit être appliquée avec discernement en fonction de la situation économique de chaque pays afin de ne pas entraver la croissance, a affirmé samedi le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. — John Thys afp.com

La discipline budgétaire en Europe doit être appliquée avec discernement en fonction de la situation économique de chaque pays afin de ne pas entraver la croissance, a affirmé samedi le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

"La consolidation budgétaire, bien que nécessaire, doit s'appliquer de manière à favoriser la croissance et de façon différenciée, pour parvenir à un équilibre entre consolidation budgétaire et croissance", a déclaré M. Rehn, selon le texte d'un discours devant la Vreije Universiteit à Bruxelles.

"Contrairement à l'impression trompeuse mise en avant par certains responsables politiques et certains experts selon laquelle le cadre budgétaire européen s'applique uniformément à tous les Etats membres, le Pacte de stabilité et de croissance n'est pas stupide", a insisté M. Rehn, faisant allusion à des propos tenus en 2002 par le président d'alors de la Commission européenne, Romano Prodi, qui avait qualifié le Pacte de stabilité de "stupide".

"Oui, le cadre budgétaire de l'UE est fondé sur des règles, avec des critères clairs en matière de déficit public et de dette, qui peuvent entraîner l'ouverture d'une procédure de déficit excessif et, au besoin, des sanctions. Mais dans le même temps, le Pacte laisse une large place au jugement quant à son application", a-t-il ajouté, laissant entendre que la Commission pourrait fermer les yeux sur les possibles dérapages budgétaires de certains pays.

Le Pacte "met en avant la viabilité des finances publiques à moyen terme et implique une différenciation selon les Etats membres, en fonction de leur marge de manoeuvre budgétaire et de l'environnement macroéconomique", a-t-il encore souligné.

Ces propos interviennent au moment où les dirigeants européens réfléchissent aux moyens de relancer la croissance en Europe, après que le candidat socialiste à la présidentielle française, François Hollande, a ouvert une brèche en proposant de renégocier le pacte européen de discipline budgétaire renforcée, voulu par Berlin, pour y ajouter une dimension de croissance.

Le président de l'Union européenne, Herman van Rompuy, a annoncé jeudi qu'un sommet informel des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE consacré à la croissance pourrait avoir lieu fin mai ou début juin.

M. Rehn a par ailleurs ajouté sa voix aux appels à investir en Europe. "Nous avons besoin de plus d'investissements transfrontaliers en communautaires en Europe dans les infrastructures : énergie, transports, innovation, recherche et communications", a-t-il exhorté.

Il a rappelé les principaux outils sur lequels travaille la Commission : augmenter le capital, et donc les capacités de prêts de la Banque européenne d'investissement (BEI), lancer de grands emprunts européens ("project bonds") pour la mise en place d'infrastructures et mieux exploiter les fonds structurels européens.

Ces initiatives "pourraient, selon la Commission, être combinées pour créer un Pacte d'investissement européen", a indiqué M. Rehn. Selon une source européenne, la Commission s'apprêterait à présenter une initiative en ce sens "dans les deux prochaines semaines".

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, avait appelé fin avril à "un pacte de croissance" en Europe, tout en insistant sur la nécessité d'appliquer la discipline budgétaire.