Louis Vuitton: le futur atelier de création de parfum à Grasse en bonne voie

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Le malletier français Louis Vuitton devrait être en mesure de démarrer à Grasse à la rentrée de septembre les travaux pour créer un atelier de parfums, a estimé vendredi le sénateur-maire de la ville Jean-Pierre Leleux
Le malletier français Louis Vuitton devrait être en mesure de démarrer à Grasse à la rentrée de septembre les travaux pour créer un atelier de parfums, a estimé vendredi le sénateur-maire de la ville Jean-Pierre Leleux — Miguel Medina afp.com

Le malletier français Louis Vuitton devrait être en mesure de démarrer à Grasse à la rentrée de septembre les travaux pour créer un atelier de parfums, a estimé vendredi le sénateur-maire de la ville Jean-Pierre Leleux.

"C'est un projet merveilleux pour la ville, son histoire et son avenir", a souligné à l'AFP l'élu du berceau français de l'industrie de la parfumerie.

Des promesses de vente (assorties de clauses suspensives) ont déjà été signées pour les trois parcelles d'un domaine abritant une ancienne bastide du 18e siècle, où sera installé le futur atelier, tandis que Louis Vuitton a déposé un permis de construire début avril.

L'architecte des Bâtiments de France étudie le projet et la mairie de Grasse s'emploie à accélérer le processus.

Louis Vuitton Malletier (filiale du groupe LVMH) "devrait juridiquement être en mesure de démarrer ses travaux à la rentrée de septembre", espère Jean-Pierre Leleux, pour permettre la naissance de l'atelier de création de parfums possiblement vers "fin 2013".

La bastide qui va être réhabilitée pour y installer l'atelier a servi de parfumerie dès le milieu du 19e siècle. Elle avait été reprise dans les années 1920 par un parfumeur original, "Les Fontaines Parfumées", qui permettait aux touristes de choisir leur flacon et de le remplir à une fontaine à parfum.

La bâtisse, en très mauvais état, va être grandement détruite puis reconstruite à l'identique, avec des éléments de façades et des verrières originales, précise encore le sénateur-maire.

La ville a signé à l'automne 2011 une promesse de vente visant à céder à Louis Vuitton pour 1 million d'euros un terrain de 5.700 m2, jouxtant deux autres parcelles qui n'appartiennent pas à la mairie. La vente est notamment suspendue au relogement d'une association de réinsertion pour handicapés.

Louis Vuitton a déjà recruté un "nez" de Grasse, Jacques Cavallier-Belletrud. Ce fils et petits-fils de parfumeurs grassois travaillait jusqu'ici chez Firmenich, l'un des trois leaders mondiaux de la parfumerie et des arômes. Il a notamment conçu "L'Eau d'Issey" d'Issey Miyake, "Opium pour homme" d'Yves Saint Laurent et "Poème" de Lancôme.

"Les plus grands parfumeurs sont encore aujourd'hui des Grassois, même s'ils ne sont pas tous restés au pays", s'enorgueillit Jean-Pierre Leleux.

Le sénateur-maire mise beaucoup sur la production de matières premières "naturelles" dans les usines du bassin de Grasse (3.500 emplois) pour attirer d'autres groupes de prestige. A l'instar de la maison Chanel qui achète déjà depuis des décennies ses fleurs de jasmin pour son célèbre parfum N°5 à un cultivateur de fleurs des environs.

"Le retour aux sources est une stratégie payante à une époque où le naturel revient dans les goûts des consommateurs", plaide l'élu.

L'équipe de Louis Vuitton qui travaille sur le projet, contactée pour évoquer son état d'avancement, était injoignable vendredi.