Renault-Nissan investit pour prendre le contrôle d'Avtovaz, le fabricant de la Lada

AUTOMOBILE L'alliance va investir en plusieurs étapes 750 millions de dollars...

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Le constructeur automobile français Renault et son partenaire japonais Nissan vont investir en plusieurs étapes 750 millions de dollars pour prendre le contrôle du russe Avtovaz, le fabricant de la célèbre Lada, d'ici 2014, selon un communiqué publié jeudi.
Le constructeur automobile français Renault et son partenaire japonais Nissan vont investir en plusieurs étapes 750 millions de dollars pour prendre le contrôle du russe Avtovaz, le fabricant de la célèbre Lada, d'ici 2014, selon un communiqué publié jeudi. — Maxim Marmur afp.com

Le constructeur automobile français Renault et son partenaire japonais Nissan vont investir en plusieurs étapes 750 millions de dollars pour prendre le contrôle du russe Avtovaz, le fabricant de la célèbre Lada, d'ici 2014, selon un communiqué publié jeudi.

Création d'une coentreprise

Le protocole d'accord signé avec la société publique russe Russian Technologies et la banque d'affaires Troika Dialog prévoit la création d'une coentreprise détenue à 67,13% par l'alliance franco-japonaise et 32,87% par Russian Technologies. Cette société détiendra à son tour 74,5% d'Avtovaz, le solde du capital restant coté en Bourse.

Renault, qui possède 25% du capital d'Avtovaz depuis 2008, déboursera environ 300 millions de dollars dans la "joint-venture". Son allié japonais, qui n'est pas présent au capital, paiera pour sa part 450 millions.

La coentreprise rachètera la participation de 20% dans AvtoVaz actuellement détenue par Troïka Dialog "à l'horizon 2014", ont indiqué les différents partenaires de l'opération, sans préciser le montant de la transaction.

Restructuration de la dette d'AvtoVaz

La dette d'Avtovaz sera restructurée à l'initiative de Russian Technologies, qui percevra le produit de la cession anticipée d'actifs non stratégiques du constructeur russse. L'encours de prêts sans intérêts atteindra in fine environ 1,56 milliard de dollars avec une échéance «à très long terme».

Avtovaz se retrouvera ainsi à la tête d'un bilan «solide» et «sans problèmes de liquidités».

Ce montage a fait l'objet d'un protocole d'accord signé par les diverses parties prenantes jeudi à Paris.

Renault-Nissan va désormais procéder à un audit financier, juridique et environnemental du groupe russe, avec pour ambition de signer les accords définitifs et conclure la transaction «d'ici la fin de l'année».

Transferts de technologies vers les usines russes

«L'accord conclu aujourd'hui marque une étape supplémentaire dans un processus de collaboration de plus en plus large, qui contribue à la modernisation du leader de l'industrie automobile russe», a déclaré Carlos Ghosn, patron de l'alliance Renault-Nissan, cité dans le communiqué.

Selon lui, «Renault et Nissan vont poursuivre les transferts de technologies vers les usines russes, tandis que nos collègues russes seront de plus en plus présents au sein de l'équipe de direction multiculturelle de l'alliance».

Début avril, il avait assuré que la prise de contrôle planifiée d'Avtovaz par l'alliance franco-japonaise ne changerait «absolument rien» dans la gestion du constructeur russe.

Renault-Nissan-Avtovaz au troisième rang mondial.

Le tandem Renault/Nissan négociait depuis des mois une montée de sa participation. La finalisation de l'opération propulsera l'entité Renault-Nissan-Avtovaz au troisième rang mondial.

Selon le communiqué, les ventes toutes marques (voitures particulières et commerciales) en Russie ont atteint 2,65 millions de véhicules en 2011, et devrait grimper à 2,9 millions en 2012.

L'alliance franco-nippo-russe y a écoulé 878.990 véhicules en 2011 --dont 578.387 Lada-- ce qui représente son troisième marché derrière la Chine et les Etats-Unis.

Le constructeur russe possède l'une des plus importantes usines au monde à Togliatti, ville sur les bords de la Volga à un millier de kilomètres de Moscou où il est installé son siège. Il souhaite atteindre une production annuelle totale de près de 1,4 million de véhicules à l'horizon 2015.