Banques: Compromis difficile à atteindre sur les fonds propres au sein de l'UE

Reuters

— 

Les ministres des Finances de l'Union européenne étaient à la peine mercredi pour sceller un accord qui oblige les banques à augmenter leurs fonds propres pour mieux amortir de futures pertes.

Un accord envisageable dans les mois à venir selon Berlin

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a prévenu la presse de ne pas compter sur un compromis rapide au terme des discussions qui se déroulent à Bruxelles.

«Je ne pense pas que nous parviendrons à une conclusion aujourd'hui», a-t-il dit, ajoutant que la question était complexe. «Pour stabiliser le système financier - nous y travaillons avec succès - les banques doivent avoir plus de capital».

Pour Wolfgang Schäuble, un accord est envisageable dans les mois qui viennent. Le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l'UE, veut parvenir à un consensus et conclure un accord avec le Parlement européen d'ici la fin juin.

La retranscription des normes de Bâle III en jeu

Le but est de transcrire dans le droit européen les nouvelles normes de fonds propres définies par le Comité de Bâle de façon à ce qu'elles deviennent une réalité pour les banques européennes dès le début de 2013.

Le ratio de fonds propres «durs» minimum de Bâle est de 7% et un compromis pourrait consister à autoriser certains pays à exiger un ratio supérieur, peut-être de 10% à 12%, sur une période limitée à deux ans au maximum.

La Banque centrale européenne (BCE) n'est pas favorable à un Bâle III à plusieurs vitesses, y voyant un risque de «compétition entre les pays».

Une autre question fait débat: faut-il l'autorisation de la Commission européenne pour qu'un pays impose à ses banques un ratio de fonds propres supérieur à celui de Bâle?

Divergences entre Paris et Londres

Pour Londres, il n'en est pas question. La Grande-Bretagne et la Suède, qui ont des secteurs bancaires parmi les plus importants d'Europe par comparaison avec leurs économies, veulent disposer de la liberté de prendre elles-mêmes des initiatives pour rendre leurs banques plus sâres.

La France au contraire réclame plus d'uniformité dans l'application des règles pour l'ensemble de l'UE. Paris craint que les banques internationales basées à Londres ne réduisent le crédit ailleurs en Europe si Londres les oblige à renforcer encore leurs fonds propres.

Des diplomates soupçonnent que le débat se nourrit de la crainte de voir une fuite des capitaux vers les banques britanniques si ces dernières sont mieux capitalisées que leurs homologues françaises ou allemandes et donc considérées comme plus sâres par les investisseurs.