Aides européennes: Père Dodu en tête des aides de la PAC

AGRICULTURE La France a mis en ligne, lundi 30 avril, les noms des destinataires des aides de la Politique agricole commune (PAC) d’octobre 2010 à octobre 2011. Le producteur de volailles Doux arrive en tête...

Bertrand de Volontat

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Un collectif "Bien vivre dans le Gers" s'est créé dans ce département du Sud-Ouest connu pour l'élevage de ses volailles en pleine nature, pour s'opposer à l'implantation de poulaillers industriels, un projet de la coopérative Vivadour.
Un collectif "Bien vivre dans le Gers" s'est créé dans ce département du Sud-Ouest connu pour l'élevage de ses volailles en pleine nature, pour s'opposer à l'implantation de poulaillers industriels, un projet de la coopérative Vivadour. — Jean-Philippe Ksiazek afp.com

Le ministère de l’Agriculture a, comme chaque année depuis 2008 en application d’un règlement européen, rendu «transparente» la liste des bénéficiaires des aides de la politique agricole commune pour l’exercice 2011.

La transparence mais pour un milliard seulement

Depuis une décision de la Cour de justice de l’Union européenne de 2010, seules les personnes morales sont concernées, écartant les exploitants agricoles à titre individuel pour «respect de la vie privée». Toutes les aides ne sont donc pas rendues publiques.

Pour l’année écoulée, la France a touché 11 milliards d’euros au titre de la PAC. Les 500.000 agriculteurs dont le détail des aides reste secret en touchent près de 10 milliards.

Le premier bénéficiaire français est le volailler Doux, plus connu sous le nom de Père Dodu, avec 54,9 millions d’euros. Le premier exportateur européen de volailles occupait déjà la pole position en 2010 avec 60 millions d’euros.

Protéger l’exportation française de poulets entiers

Ces importantes subventions permettent à la France de protéger sa filière spécialisée dans le grand export de poulets entiers sur des marchés comme le Proche et Moyen-Orient face notamment aux concurrents américains. Des aides qui ont toutefois été réduites de 36% sous la pression des concurrents européens. Une disparition totale de l’aide entraînerait la perte de 4.000 emplois et 150.000 tonnes de production de volailles, selon le ministère.

Le comité régional pour la reconversion qualitative du vignoble (32,5 millions) et les sucriers de la Réunion avec 31 millions d’euros complètent ce tableau. Les banques alimentaires récoltent 30 millions d’euros. Les Restos du Cœur et le Secours Populaire glanent respectivement 20,8 et 21,6 millions.