Essence: Pourquoi les prix à la pompe devraient encore baisser

CARBURANT Toutefois, le repli sera limité...

Mathieu Bruckmüller

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Illustration pompe à essence.
Illustration pompe à essence. — GILLES VARELA/20 MINUTES

Bonne nouvelle pour le portefeuille des automobilistes. La baisse des prix à la pompe devrait se poursuivre dans les semaines à venir. En effet, toutes les conditions sont réunies pour que le mouvement amorcé depuis deux semaines se prolonge. Vendredi dernier, selon les relevés de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), le prix du sans plomb 95 (environ 15% des ventes de carburant) est passé à 1,628 euro le litre contre 1,650 euro sept jours plus tôt, après un record à 1,666 euro à la mi-avril. Le sans plomb 98 (environ 5% de la consommation nationale) est lui retombé à 1,682 euro après un plus haut à 1,712 euro au début du mois dernier. De son côté, le gazole, le carburant préféré des Français avec 80% des ventes, est descendu à 1,426 euro le litre après un pic à 1,458 euro à la mi-mars.

«Inversion de tendance

«Nous sommes dans une tendance plutôt baissière. C’est une inversion», constate Jean-Louis Schilansky, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). En effet, les prix du brut qui avait franchi la barre des 125 dollars le baril récemment après avoir démarré l’année à 110 dollars, sont repassés sous les 120 dollars.

Ils avaient été entraînés dans une spirale haussière depuis la fin 2011 en raison notamment de tensions politiques autour de l'Iran, ou encore du Soudan et du Nigeria. Or, ces tensions se calment, fait remarquer Jean-Louis Schilansky, grâce notamment à la relance en avril des négociations entre Téhéran et les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien.

A ce facteur positif s’ajoute le redressement de la monnaie unique sur le marché des changes. L'euro s'était déprécié depuis la fin de l'année dernière par rapport au dollar, ce qui renchérissait automatiquement le prix de l'or noir une fois converti dans la monnaie européenne.

Dans ce contexte, sauf incident majeur, les prix à la pompe ont toutes les raisons de refluer encore de quelques centimes supplémentaires, avance Jean-Louis Schilansky. Jusqu’ici, la baisse était surtout le fait du super sans-plomb. La demande sur ce carburant était très forte, surtout aux Etats-Unis avec la reconstitution des stocks en perspective de la «driving season», l’époque des grands déplacements automobiles des Américains qui démarre à ce mois-ci.

A long terme, la tendance reste haussière

La tension s’est depuis relâchée et le litre de gazole comme du sans-plomb pourrait encore baisser d’environ 3 centimes. Mais guère plus. La tendance sur le long terme reste orientée à la hausse en raison d’une demande mondiale toujours soutenue. Dans ce contexte, l’Ufip table sur une baisse de la consommation de carburant en France de 1,5% sur l’ensemble de l’année. Le mois dernier, elle avait atteint 3,5%. «On assiste à un décrochement», estime Jean-Louis Schilansky.