Vers plusieurs milliers de suppressions d'emplois chez Carrefour?

DISTRIBUTION Les syndicats redoutent la mise sur le carreau de 3.000 à 5.000 salariés...

M.B. avec agence

— 

Une enseigne Carrefour en avril 2011.
Une enseigne Carrefour en avril 2011. — SOLAL/SIPA

L’inquiétude monte chez Carrefour. A peine un mois après son arrivée, le 2 avril, à la tête du deuxième distributeur mondial, Georges Plassat pourrait annoncer un vaste plan de restructuration qui se traduirait par la suppression de 3.000 à 5.000 emplois. C’est du moins ce que redoute Dejan Terglav, représentant de Force Ouvrière. «La crainte est justifiée. On parle de 2 à 3% de la masse salariale», confirme un analyste. Fin 2011, Carrefour employait plus de 112.000 personnes en France, un marché qui représente 40% environ de son chiffre d'affaires annuel de 90 milliards d'euros.

Carrefour à la peine

Carrefour est à la peine depuis plusieurs années en Europe, et notamment en France où la stagnation des salaires, la hausse des prix et les mesures d'austérité du gouvernement pèsent sur le pouvoir d'achat. Le groupe, l'un des principaux employeurs du secteur privé dans l'Hexagone, a refusé de faire un commentaire. Plusieurs représentants syndicaux craignent que les suppressions d'emplois n'affectent la plupart des hypermarchés du groupe ainsi que le siège. Des doublons persistent à la suite de la fusion de Carrefour avec Promodès en 1999, souligne un spécialiste du secteur.

Les syndicats rappellent qu'un gel des embauches est déjà en vigueur dans certaines fonctions, notamment dans le secteur non-alimentaire, première victime des arbitrages des consommateurs qui concentrent leurs dépenses sur l'essentiel en ces temps de crise.

Rencontre avec les syndicats

Georges Plassat rencontrera les syndicats du groupe le 10 mai. Dans tous les cas, aucun plan ne sera annoncé avant la fin des élections présidentielles et législatives, pense Dejan Terglav.

Mais pour un analyste, «il y a d’autres choses à faire avant d’envisager de s’attaquer à l’emploi». «Le principal chantier opérationnel devrait concerner les hypermarchés, gros point faible du distributeur qui pèse sur les performances en Europe et a contribué à la perte de plus d’un point de part de marché sur deux ans. La politique tarifaire et la stratégie promotionnelle devraient être remaniées. L’offre alimentaire et non alimentaire devrait être passée sous revue afin de redonner de la compétitivité et de l’attractivité aux magasins», jugeait dernièrement un autre observateur.