Inquiétude politique de gauche à droite

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Les stock-options des dirigeants d'EADS vont-elles devenir une affaire d'Etat ? Le député UMP Jacques Myard a demandé hier la constitution d'une commission d'enquête afin de « tirer au clair ce qui s'apparente à un scandale sans pareil ».

De leur côté, socialistes et communistes ont demandé au gouvernement de faire « toute la lumière », rappelant que l'Etat détient 15 % du capital d'EADS. « Après l'affaire Clearstream et la fermeture de Sogerma, la vente de stock-options par les dirigeants et deux des actionnaires principaux avant l'annonce de difficultés industrielles majeures jette à nouveau le trouble sur la direction », a affirmé Alain Vidalies, secrétaire national du PS. « Noël Forgeard est-il incompétent ou malhonnête ? En tout cas, il a passé beaucoup de temps à des luttes de pouvoir pour défendre ses intérêts personnels, au lieu de se concentrer sur les performances de l'entreprise », dénonce Gérard Augustin-Normand, président de la société de Bourse Richelieu Finances.

Ces soupçons tombent mal, au moment où le groupe est confronté à des difficultés sur l'A380 et l'A350. La situation devient aussi délicate pour le gouvernement. Forgeard est un proche de Chirac, dont il a été conseiller à Matignon en 1986, et qui l'a soutenu pour prendre la présidence d'EADS.

A. B.