Sans rigueur, les Pays-Bas risquent d'être affaiblis en zone euro

ECONOMIE Le gouvernement néerlandais a démissionné lundi après l'échec e négociations sur la réduction du déficit public...

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Le gouvernement néerlandais, qui a démissionné lundi après l'échec de négociations sur la réduction du déficit public, doit trouver un terrain d'entente avec le Parlement sur un budget de rigueur si les Pays-Bas ne veulent pas être la risée de la zone euro, selon des analystes interrogés par l'AFP.
Le gouvernement néerlandais, qui a démissionné lundi après l'échec de négociations sur la réduction du déficit public, doit trouver un terrain d'entente avec le Parlement sur un budget de rigueur si les Pays-Bas ne veulent pas être la risée de la zone euro, selon des analystes interrogés par l'AFP. — Roel Rozenburg afp.com

Le gouvernement néerlandais, qui a démissionné lundi après l'échec de négociations sur la réduction du déficit public, doit trouver un terrain d'entente avec le Parlement sur un budget de rigueur si les Pays-Bas ne veulent pas être la risée de la zone euro, selon des analystes interrogés par l'AFP.

"Il est clair que sans un bon programme, les Pays-Bas se ridiculiseront, leur position en Europe sera affaiblie et l'Allemagne perdra un allié de choix sur la discipline budgétaire", prédit Arnold Heertje, ancien professeur d'économie politique à l'université d'Amsterdam.

Les Pays-Bas ont "joué un rôle de leader avec l'Allemagne quant il s'agissait de trouver des solutions à la crise économique, ils ont été défenseurs d'une discipline budgétaire stricte", rappelle-t-il.

Le ministre des Finances, Jan Kees de Jager, doit présenter à Bruxelles pour lundi au plus tard, comme ses homologues européens, une ébauche de budget pour 2013.

Après l'échec samedi de sept semaines de négociations sur la réduction du déficit public entre la coalition gouvernementale et son allié au Parlement, le parti d'extrême droite de Geert Wilders, le Premier ministre Mark Rutte avait présenté lundi la démission de son gouvernement minoritaire à la reine, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées.

"Il est normal que certains pays, comme la Grèce notamment, rient du fait que les Pays-Bas aient des problèmes après la fermeté qu'ils ont montrée en matière de discipline budgétaire", commente de son côté Thomas Cool, un ancien économe du Bureau central néerlandais des Statistiques (CBS).

Sans le soutien de l'extrême droite, le gouvernement, désormais démissionnaire, va devoir chercher auprès d'autres partis le soutien pour son programme de coupes budgétaires prévoyant notamment une légère hausse de la TVA, un gel du salaire des fonctionnaires et une réduction du budget alloué à la santé et à l'aide aux pays en développement.

L'enjeu est de taille : ramener le déficit public des Pays-Bas sous la limite de 3% de la zone euro alors que le Bureau central du plan, dont les prévisions sont utilisées par La Haye pour la confection du budget, avait estimé en mars que des économies de 16 milliards d'euros étaient nécessaires pour atteindre cet objectif.

Selon la majorité des analystes, les Pays-Bas risquent de perdre le triple A dont ils bénéficient auprès des agences de notation s'ils ne parviennent pas à présenter un bon train de mesures.

L'agence Moody's a d'ailleurs averti lundi soir de l'effet négatif de la chute du gouvernement pour la dette souveraine du pays et sa notation.

"Ce qui est sûr, c'est que nous enverrons un programme de stabilité", a assuré à l'AFP un porte-parole du ministère néerlandais des Finances : "en revanche, ce qui se trouvera dans ce programme dépend du Parlement".

Un débat devait avoir lieu mardi à la chambre basse du Parlement à partir de 14H00 (12H00 GMT) avec le Premier ministre démissionnaire, Mark Rutte.

"Je pars du principe que nous allons trouver une majorité (au Parlement) pour les mesures que nous allons pouvoir présenter à Bruxelles", avait déclaré lundi le ministre des Finances, voulant se montrer rassurant.

Plusieurs petits partis pro-européens, les écologistes de GroenLinks, les centristes de D66 et les conservateurs de l'Union Chrétienne, pourraient apporter leur soutien au gouvernement de M. Rutte, selon des analystes interrogés par l'AFP.