Forgeard dans la tempête

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Le géant européen de l'aéronautique et de la défense EADS prévoit une nouvelle hausse de ses bénéfices cette année après avoir publié mercredi des résultats 2005 supérieurs à ses prévisions, dopés par une année record pour sa filiale Airbus.
Le géant européen de l'aéronautique et de la défense EADS prévoit une nouvelle hausse de ses bénéfices cette année après avoir publié mercredi des résultats 2005 supérieurs à ses prévisions, dopés par une année record pour sa filiale Airbus. — Pierre Andrieu AFP/Archives

Le scandale menace les dirigeants du groupe aérospatial européen EADS, déjà en pleine tourmente boursière après l'annonce, mardi, d'un retard de livraison de l'A380, l'avion vedette d'Airbus. Alors que le titre a perdu plus du quart de sa valeur, le marché s'inquiète de la vente de dizaines de milliers d'actions en mars par le coprésident d'EADS, Noël Forgeard, ses trois enfants et trois autres dirigeants français et allemand. Avec une action à 32 e en mars, contre 18 e depuis mercredi, ils ont encaissé des millions d'euros de plus-value. Ont-ils agi en prévision de la crise ? Si oui, il s'agit d'un délit d'initié : l'utilisation illégale d'information privilégiée.

Hier, l'entreprise s'est bornée à souligner que les cessions ont eu lieu « dans les règles », c'est-à-dire à une des quatre périodes de l'année prévues. Ce matin, Noël Forgeard doit s'exprimer sur Europe 1. « Il était bien placé pour connaître la situation de l'A380 », a estimé hier Marcel Tixier, président de l'Association nationale des actionnaires de France. De son côté, l'Association de défense des actionnaires minoritaires a réclamé une enquête de l'Autorité des marchés financiers. Cette dernière a refusé tout commentaire. « Les délits d'initié sont fréquents mais il s'agit d'une infraction pénale très difficile à prouver », explique un expert.

Le dernier cas avéré remonte à l'affaire Pechiney, qui a éclaboussé le gouvernement socialiste au début des années 1990.

Angeline Benoit